Le nom de Fletcher reste associé à celui de Francis Beaumont, qui fut son collaborateur assidu de 1606 à sa mort (1616). Son père avait assisté Marie Stuart à son exécution (1587), avant de devenir évêque de Bristol, puis de Londres. John Fletcher fit ses études à Cambridge et, sans faire vraiment partie des university wits, il prit une part active à la vie théâtrale de Londres, dont il infléchit le cours vers la comédie romanesque et la tragi-comédie et, peut-être, vers la décadence. L'accent fletchérien est, en effet, perceptible dans les pièces de la dernière période : il consiste en un alanguissement du vers, un goût pour le ton élégiaque et les sortilèges mélodieux de la langue. La prosodie, comme les personnages, a perdu de sa robustesse, mais gagné en élégance. On ferait volontiers de Fletcher l'antithèse de Ben Jonson.
Fletcher a collaboré non seulement avec Beaumont mais avec Massinger (1583-1640), Rowley (1585-1642) et même Shakespeare (Henry VIII, écrit en 1613, publié en 1623 ; The Two Noble Kinsmen, comédie écrite en 1613, publiée en 1634). Il a cependant écrit seul une quinzaine de pièces, dont les principales sont : sa célèbre past […]
