Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

AURENCHE JEAN (1904-1992)

Curieux itinéraire que celui de cet écrivain de cinéma, né le 11 septembre 1904 à Pierrelatte (Drôme). Élevé chez les jésuites, il n'éprouve guère de penchants pour la casuistique. Après un passage comme aide-régisseur chez Charles Dullin, il est embauché dans une agence de publicité, où il travaille avec un certain Jean Anouilh. Il n'hésitera pas, un jour, à faire jouer son beau-frère, Max Ernst, dans une réclame pour les Galeries Barbès...

Anarchiste anticlérical et antimilitariste, Jean Aurenche ne pouvait qu'apprécier Jacques Prévert, dont il dira plus tard : « Avec Prévert, [...] c'était un peu comme si j'étais resté sur le quai à regarder passer l'express. L'express, c'était lui. Pas question de le suivre. » De cette rencontre date sans doute sa vocation pour le cinéma. 

Peu après Hôtel du Nord, dont il écrit le scénario en 1938 avec Henri Jeanson pour Marcel Carné, Jean Aurenche entame avec Pierre Bost ce qui allait constituer l'une des plus fructueuses collaborations d'écrivains de cinéma. Tandis qu'Aurenche construit, Bost écrit. Les deux hommes, dès lors, enchaînent scénario sur scénario : Douce (1943), Sylvie et le fantôme (1944), La Symphonie pastoraleLa Septième PorteLe Diable au corps (1946), Les Amants du pont Saint-Jean (1947), Au-delà des grilles (1948), Occupe-toi d'Amélie (1949), Dieu a besoin des hommes (1950), L'Auberge rougeJeux interdits (1951), Les Sept Péchés capitauxDestinées (1952), Le Blé en herbe (1953), Le Rouge et le Noir (1954), GervaiseLa Traversée de Paris (1956), En cas de malheurTu ne tueras point (1958), Les Amitiés particulières (1962)... 

Le succès d'Aurenche et de Bost, qui travaillent avec d'aussi prestigieux metteurs en scène que Marcel Carné, René Clément ou Claude Autant-Lara, est pourtant remis en question. Dès 1954, François Truffaut écrit à leur sujet dans Les Cahiers du cinéma, lors de la sortie d'En cas de malheur : « Aurenche et Bost, les Bouvard et Pécuchet du cinéma français, ont commis une nouvelle infamie. » Au milieu des années 1960, la Nouvelle Vague finira par avoir raison de cette « qualité française », toute de rigueur et de minutie, qu'elle récusait et ne cessait de brocarder. 

Ce n'est que dix ans plus tard, en 1974, que Bertrand Tavernier fera de nouveau appel à eux pour L'Horloger de Saint-Paul. Bost mourra l'année suivante, tandis qu'Aurenche poursuivra sa collaboration avec Tavernier. Ce seront tour à tour Que la fête commence (1975), Le Juge et l'assassin (1976), Coup de torchon (1981), Un dimanche à la campagne (1984). Jean Aurenche s'est éteint en octobre 1992. Par la suite, Bertrand Tavernier en a fait une des principales figures de son Laissez-passer (2002).

 […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« AURENCHE JEAN (1904-1992) » est également traité dans :

AUTANT-LARA CLAUDE (1901-2000)

Écrit par :  Joël MAGNY

(1943). Sous les apparences aimables d'une bluette Belle Époque, Claude Autant-Lara, aidé de* Jean Aurenche et Pierre Bost, fustige l'hypocrisie morale, familiale, conjugale, et faussement charitable. Après la guerre, Claude Autant-Lara, le plus souvent associé aux scénaristes Aurenche et Bost, donne toute sa mesure. L'adaptation du roman de… Lire la suite
LAISSEZ-PASSER (B. Tavernier)

Écrit par :  Jean-Pierre JEANCOLAS

…  Tavernier dans sa présentation de Laissez-passer à la presse. À partir des souvenirs de* Jean Aurenche et de Jean Devaivre (deux témoins actifs, l'un étant alors déjà scénariste, l'autre assistant-réalisateur), et avec le concours de Jean Cosmos pour l'élaboration du scénario, il a construit une étude de cas, qui n'exclut pas une part… Lire la suite
ROMAN - Roman et cinéma

Écrit par :  Jean-Louis LEUTRAT

Dans le chapitre "La question de l'adaptation"  : …  Delannoy et Claude Autant-Lara. Le reproche le plus percutant et le plus démagogique qu'il faisait à* Jean Aurenche et à Pierre Bost, les deux scénaristes, était de n'avoir pas d'idées de mise en scène (il semble que ce soit plutôt au réalisateur à avoir de telles idées), bref d'être « littéraires ». Cet adjectif, évidemment pris ici dans un sens… Lire la suite

Retour en haut

Voir aussi

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média