10. Le Japon depuis 1945
Au cours des cinquante années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, le Japon est progressivement revenu au premier plan sur la scène internationale. Un effort de reconstruction impressionnant, soutenu dans un premier temps par une aide américaine substantielle, a fait de l'archipel japonais l'une des plus grandes puissances économiques mondiales. Parfois considérée comme la dernière grande vague d'apports étrangers – après les apports coréens, chinois, puis occidentaux à la fin du xixe siècle qui avaient également contribué à façonner en profondeur la société japonaise –, l'occupation américaine a accéléré la mise en place d'institutions démocratiques qui constituent le fondement d'un développement économique aujourd'hui largement partagé.
Se relevant lentement de destructions massives, le peuple japonais a vu son niveau de vie augmenter considérablement pour atteindre celui des pays les plus riches de la planète ; ainsi, de 1949 à 1976, la puissance de l'économie japonaise était multipliée par 55. Bénéficiant de la garantie de sécurité offerte par les États-Unis dans le contexte de la guerre froide, le Japon a pu se maintenir en marge, trouvant en lui-même les ressources d'adaptation aux grandes crises qui ont secoué le système économique international depuis le milieu des années 1970. Cette confortable sécurité s'est toutefois longtemps traduite par une absence d'autonomie de Tōkyō en matière de politique étrangère – le souci de ne pas se démarquer de l'allié américain rejoignant la volonté du Japon de ne pas inquiéter ses voisins.
Concentré sur son effort de développement et sur son souci d'excellence en matière économique, le Japon fera longtemps figure de pays sans Histoire, comme en réaction contre le « trop-plein » d'histoire qui devait l'entraîner à la catastrophe nucléaire. L'effondrement de l'U.R.S.S. et la fin des équilibres du système bipolaire, qui ont coïncidé, à Tōkyō, avec un ralentissement de la croissance économique ainsi qu'avec un […]
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