9. L'armée au pouvoir (1912-1945)
• L'aventure de la démocratie parlementaire
La mort de l'empereur Meiji ne changeait rien en soi dans les données de la politique intérieure. Cependant, les dirigeants japonais eurent le sentiment qu'une ère était terminée. Depuis 1868, les hommes originaires de Chōshū et de Satsuma exerçaient une influence prépondérante auprès des grandes sociétés, telles que Mitsui, Mitsubishi, auprès des partis politiques, des nobles, et jusque dans le Conseil des genrō : en effet, Ōkuma, bien qu'ancien Premier ministre, avait été laissé en dehors de celui-ci, parce qu'il venait de l'ancien fief de Saga. Les officiers de Chōshū tenaient le commandement de l'armée de terre, ceux de Satsuma le commandement de la marine. Or la grande presse, alors en pleine progression, dénonçait l'oligarchie des han-batsu, les « castes des fiefs ». Et, depuis la guerre russo-japonaise et l'affaire Kōtoku, l'opinion publique avait beaucoup mûri. Le tout était de savoir comment de nouvelles influences pourraient pénétrer dans les milieux gouvernementaux.
Le premier mouvement de sauvegarde de la Constitution
Saionji Kimmochi était Premier ministre. C'était un noble civil, mais vétéran de la guerre de 1868. Il avait succédé à Itō à la présidence de la Seiyūkai. Il bénéficiait de la réputation d'être libéral de tendance : au pouvoir déjà en 1906, il avait un moment toléré l'existence légale du Parti socialiste. La grande presse le soutenait. Il approuva la politique d'austérité proposée par le ministre des Finances, pour faire face à la crise économique latente. C'est alors que le ministre de l'Armée exigea le création de deux divisions nouvelles, afin de soutenir l'expansion japonaise sur le continent asiatique. Saionji refusa ; le ministre de l'Armée remit sa démission directement à l'empereur ; le commandement militaire ne désigna pas de nouveau ministre. Le cabinet Saionji fut acculé à la démission : l'a […]
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