4. Transformation de Metz
La réputation acquise par Jacques-François Blondel lui permettait désormais de citer ses propres constructions à l'appui de ses principes. Sur la recommandation de Choiseul, le maréchal d'Estrées lui avait confié la transformation de la ville de Metz, menée à bien de 1764 à 1771, grâce au concours d'un ingénieur messin, Gardeur-Lebrun. Blondel sut tirer parti du faible espace enserré dans les murs de cette place forte. Il mit en valeur la cathédrale, en refit le portail, ouvrit dans son axe la rue d'Estrées. À son flanc nord fut aménagée la place Saint-Étienne. Du côté sud, l'hôtel de ville, le corps de garde et les arcades du parlement bordèrent la place d'Armes. Blondel ne put faire bâtir ni l'évêché ni le chapitre Saint-Louis, où Mme de Choiseul-Stainville aurait réuni sous son autorité deux communautés lorraines tombées en décadence. La mâle sévérité imprimée par Blondel aux édifices de la place d'Armes convenait à une ville de guerre « où tout monument doit se ressentir dans son ordonnance d'un certain genre de fermeté qu'impose l'art militaire ». Il ménagea des liaisons et concilia ce caractère général avec le caractère particulier convenant à chaque édifice, sacré, administratif ou privé. Un fronton courbe accorda le nouveau portail de la cathédrale à son voisinage gothique. Les colonnes s'ornèrent de joncs comme celles de Mansart à Maisons. Le style dorique enrichi de chapiteaux évoqua celui dont Lescot et Goujon avaient donné le modèle au Louvre dans la salle des Cariatides. Les aménagements de Blondel à Metz furent en partie détruits ou défigurés entre 1871 et 1918. Seuls ont été respectés l'hôtel de ville et le corps de garde. Blondel décora aussi le chœur de la cathédrale de Châlons. Appelé à Strasbourg, Blondel y donna des plans généraux pour l'embellissement de la ville et dessina la grille du chœur de la cathédrale.
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