Pionnier de la psychothérapie de groupe, de la sociométrie et du psychodrame, Jacob Levy Moreno, fils d'émigrés juifs, fit ses études de médecine et de philosophie à Vienne, où il se livra à ses premières expériences auprès de groupes d'enfants, de prostituées et de réfugiés. Il alla s'établir aux États-Unis en 1925, où il devait acquérir, par la suite, la nationalité américaine. En 1934, il créa dans l'État de New York un établissement où il continua ses recherches, en particulier dans la psychothérapie des marginaux. Il enseigna à l'université de New York de 1936 à 1968.
Pour Moreno, il faut rapprocher la psychothérapie de la vie réelle, en passant de la psychothérapie individuelle à l'espace libre et multidimensionnel de la psychothérapie de groupe. Le groupe utilise non pas seulement un matériel abstrait, mais aussi un espace concret dans lequel les interactions entre les individus peuvent jouer librement. La spontanéité individuelle joue un rôle libérateur. Chaque patient est l'agent thérapeutique d'un autre, chaque groupe celui d'autres groupes. Cette influence mutuelle, Moreno l'appelle « principe d'interaction thérapeutique ».
La psychothérapie de groupe repose, pour Moreno, sur cinq principes fondamentaux : chaque groupe possède une structure formelle et une base sociométrique qui correspondent à la structure consciente et à la structure inconsciente du groupe ; chaque groupe se développe selon des normes sociogénétiques définies ; l'attraction et la répulsion entre les individus et les groupes suivent des lois sociodynamiques ; il y a des leaders populaires puissants ou isolés ainsi que des groupes centrés sur le leader ou sur le groupe lui-même, ou encore des groupes sans leader ; chaque groupe a une cohésion définie, le but de la thérapie étant d'amener les groupes malades d'un faible niveau de cohésion à un niveau élevé de cohésion et de communication.
En matière de psychodrame, Moreno élabore une théorie du rôle telle que, dans le théâtre de la spontanéité, le sujet se libère des […]
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