4. L'expérience manquée de centre gauche (1963-1968)
• Le démenti électoral
De février 1962 à avril 1963, le gouvernement de Fanfani prend une série de mesures importantes destinées à corriger les déséquilibres sectoriels et géographiques provoqués par le développement anarchique de la décennie précédente : création d'une Commission nationale pour la programmation, nationalisation de l'énergie électrique, impôt sur les dividendes et les profits immobiliers, augmentation des retraites, mise en place de la cinquième région à statut spécial (le Frioul-Vénétie-Julienne), création d'un tronc commun pour l'enseignement secondaire moyen, obligatoire désormais jusqu'à quatorze ans.
Cette activité réformiste suscite l'hostilité des conservateurs sans obtenir l'adhésion de nouveaux partisans, car ses effets ne peuvent être immédiats. La campagne électorale de 1963 est donc pour la droite comme pour le Parti communiste l'occasion de se déchaîner contre la nouvelle formule. Avec succès, car le Parti libéral double son score en obtenant 7 p. 100 des suffrages au détriment de la D.C. qui, en passant de 42,3 à 38,3 p. 100, paie un lourd tribut à l'ouverture à gauche. Le Parti socialiste est moins touché, n'abandonnant que 0,4 p. 100 de son électorat. Mais la forte poussée du P.C.I., qui progresse de 22,7 à 25,3 p. 100 grâce notamment au transfert sur ses listes d'une grande partie des 900 000 voix du sous-prolétariat méridional perdues par l'extrême droite, accroît le fossé entre les deux partis de gauche.
Ces résultats électoraux hypothèquent lourdement le centre gauche naissant. Poussée par ses éléments conservateurs et soucieuse de récupérer l'électorat passé aux libéraux, la D.C. donne un coup de frein à la politique de réformes. Amintore Fanfani, qui la symbolise, est écarté au profit d'Aldo Moro, qui ne réussit qu'en novembre 1963 à vaincre les réticences du P.S.I. concernant sa participation au gouvernement. L'entrée de ministres socialistes provoque d'ailleurs une scission du part […]
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