3. Dix ans d'incertitude : la marche vers le centre gauche (1953-1963)
Après les élections de 1953, le centrisme apparaît dépassé sans qu'une formule de rechange ne réussisse à s'imposer.
• La lente évolution des partis
La détente internationale qui suit la fin de la guerre de Corée et la mort de Staline ouvre pour les partis politiques italiens des marges de manœuvre interdites durant l'ère la plus aiguë de la guerre froide. Sociaux-démocrates et républicains retrouvent leur vocation de centre gauche. Ils exercent des pressions de plus en plus fortes sur la D.C. en vue de l'élargissement de la majorité et de la réalisation d'un programme réformiste. Ils trouvent un écho auprès de la nouvelle classe dirigeante démocrate-chrétienne qui émerge au congrès de Naples en 1954. Élu secrétaire général, Amintore Fanfani, ancien leader de la gauche dossettienne, s'attache à donner une organisation plus structurée à son parti (sur le modèle des partis de gauche) et à lui assurer le contrôle du vaste secteur para-étatique qui se met en place autour de l'I.R.I. (Institut pour la reconstruction industrielle) et de l'E.N.I. (Office national des hydrocarbures). Il assure ainsi à la D.C. une autonomie beaucoup plus grande à l'égard de l'Église et des forces économiques. En 1955, l'élection à la présidence de la République, grâce à l'apport des voix de gauche, de Giovanni Gronchi, homme de gauche de la D.C., favorable à l'accord avec les socialistes, est également un signe important de l'évolution du parti majoritaire.
De son côté, le P.S.I. s'oriente vers un rapprochement avec les catholiques, annoncé pour la première fois par Pietro Nenni au congrès de Turin, en mars-avril 1955. L'alliance étroite avec les communistes a montré qu'elle profitait exclusivement à ces derniers, passés entre 1946 et 1953 de 18,9 à 22,6 p. 100, alors que le P.S.I. tombait de 20,7 à 12,7 p. 100. Mais c'est sur le terrain international que se produit la rupture. En 1956, après les révélations du XXe congrès du P.C.U.S. et surtout après l'invasion de la Hongrie, la condamnation du P.S.I. est sans appel. Au congrès de […]
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