7. Les années Craxi (1978-1990)
La forte personnalité du nouveau président du Conseil, le leadership incontesté qu'il exerce sur le Parti socialiste vont lui permettre de dominer la scène italienne jusqu'à la fin des années quatre-vingt. En exploitant au maximum à la fois la crise des deux grands partis, D.C. et P.C.I., et la rente de situation dont bénéficie son parti, partenaire nécessaire à la formation de toute majorité, il parvient à réaliser les deux objectifs, d'ailleurs liés, qu'il s'était fixés : se maintenir le plus longtemps possible à la tête du gouvernement et élargir l'audience électorale du socialisme. Le premier l'oppose à la D.C., le second au P.C.I.
• Les difficiles rapports P.S.I.-D.C.
Tant qu'elle est sous le coup de la défaite de 1983, la D.C. ne peut que subir une situation qui l'exclut, au profit des socialistes, des deux principaux centres de pouvoir, la présidence de la République, occupée depuis 1978 par le très populaire Sandro Pertini, et la présidence du Conseil. Mais l'encouragement apporté par les premiers tests électoraux ravive la prétention du parti le plus fort de la majorité à exercer son droit naturel à la direction du gouvernement.
Certes, aux élections européennes de 1984, la D.C. ne gagne que 0,1 point par rapport au mauvais score de 1983, et, pour la première fois de son histoire, elle est dépassée par le Parti communiste (33,3 p. 100 des voix contre 33 p. 100). Mais le processus de déclin est arrêté. Surtout, la médiocre prestation du P.S.I. (– 0,2 point par rapport à 1983) et la défaite des listes communes républicaines et libérales (– 2,5 points) montrent que l'électorat centriste reste dans sa majorité fidèle à la D.C. Les élections locales et régionales de 1985 accentuent la tendance à la reprise. En un an, la D.C., qui apparaît toujours comme le meilleur bouclier contre le communisme et bénéficie du soutien explicite de la hiérarchie religieuse (discours du pape à Loreto), gagne deux points (35 p. 100 des voix) et retrouve son rang de premier parti italien. Son succès est encore renforcé par le manque de dynamisme de ses partenaires rivaux. Les partis laïques stagn […]
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