« La France, seule, a un Institut où tous les efforts de l'esprit humain sont comme liés en un faisceau, où le poète, le philosophe, l'historien, le critique, le mathématicien, le physicien, l'astronome, le naturaliste, l'économiste, le juriste, le sculpteur, le peintre, le musicien, peuvent s'appeler confrère. » Ces propos qu'Ernest Renan tenait en 1867 résument bien le projet qui avait amené les Conventionnels à créer en 1795 l'Institut, alors qualifié de « national ».
En effet, cette institution unique réunit et fédère cinq Académies : l'Académie française, l'Académie des inscriptions et belles-lettres, l'Académie des sciences, l'Académie des beaux-arts et l'Académie des sciences morales et politiques. L'Institut de France est à la fois l'administrateur du palais où siègent les Académies, le gestionnaire du patrimoine commun et l'organisateur du lien entre ces cinq corps, tout en exerçant une mission de mécénat à travers ses propres fondations.
En deux siècles d'existence, la perception de cette institution est devenue très ambivalente. Critiqués, parfois moqués, jalousés, l'Institut de France et les Académies qui le constituent sont en même temps admirés, courtis […]
