3. L'Institut dans la société française contemporaine
Si le rôle historique de l'Institut de France – et de ses Académies – comme créateur et diffuseur du savoir est incontestable, si les aspirations qu'il suscite légitiment en partie son existence, si certaines de ses composantes demeurent très présentes sur la scène intellectuelle et publique, l'adaptation au monde contemporain le place devant des défis redoutables.
L'Institut est confronté à la fois à des questions internes et à une redéfinition de ses rapports avec l'extérieur. Est-il adapté au monde actuel ? Comment concilier tradition et modernité ? Comment résister à la tentation de se constituer en club méritocratique fermé sur lui-même ? L'Académie des sciences, par exemple, a créé des structures qui lui ont permis d'élargir son activité tout en mettant en place une politique de rajeunissement de ses membres. Toutes les Académies ont procédé au cours des dernières décennies à des aménagements internes plus ou moins importants, soit pour s'adapter aux contraintes externes (par exemple, la multiplication des disciplines), soit pour être plus efficaces dans leurs travaux.
La vocation pluridisciplinaire initiale de l'Institut impliquerait aussi que soient dépassées les spécificités de chacune de ses composantes : si la participation de certains membres à plusieurs académies permet d'établir des passerelles entre elles, les initiatives communes restent peu nombreuses, malgré les potentialités existantes. L'hétérogénéité des préoccupations – chaque Académie a son rythme propre et ses objectifs particuliers – est un frein à des activités collectives.
Dans une ère nouvelle de communication, le « mystère » académique est-il encore un atout ? Les dernières décennies ont été précisément marquées par la volonté de l'Institut comme des Académies de s'ouvrir sur le monde et de communiquer. Par ailleurs, si l'Institut continue de jouer le rôle de conseil des pouvoirs publics (sur les enseignements scientifiques, les questions d'éthique, la réforme de la […]
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