Étoile filante de la peinture flamande du xve siècle, Hugo Van der Goes est, avec Dirk Bouts, le peintre le plus original de la génération qui suit directement les premiers Primitifs flamands. Fortement empreint de l'art de Jan Van Eyck et de Rogier Van der Weyden, Van der Goes développe un style expressif très personnel qui aura un impact durable bien au-delà des Pays-Bas. Si peu d'œuvres de sa main ont pu être conservées, de nombreuses copies de tableaux perdus attestent le succès du peintre et permettent de reconstruire sa production. Sa courte carrière, le caractère extrêmement original et tourmenté de son art, son entrée en religion, ainsi que la maladie mentale qui devait avoir raison de lui, ont contribué à créer autour de l'artiste le mythe d'une personnalité à la fois maudite et géniale.
1. De Gand au Rouge-Cloître
Les origines de l'artiste et ses premiers pas dans la profession ne sont pas documentés. Probablement né à Gand vers 1440, il acquiert la franchise du métier des peintres en 1467. Le lieu de sa formation reste un sujet largement controversé. Il pourrait avoir suivi son apprentissage chez le peintre Joos Van Wassenhove (Juste de Gand), qui intervient comme garant lors de son inscription à la gilde. En tout état de cause, Hugo Van der Goes est à l'époque de sa maîtrise un artiste en vue, qui monte rapidement dans la hiérarchie corporative pour devenir doyen du métier à deux reprises de 1473 à 1476. Au cours de sa période gantoise, le peintre réalise des travaux de décoration urbaine, à l'occasion notamment du mariage et de la joyeuse entrée de Charles le Téméraire et de Marguerite d'York. Il travaille aussi pour d'importants commanditaires privés, tel Tommaso Portinari, le représentant des Médicis à Gand. Sans être à la tête d'un atelier, Van der Goes a certainement fait appel ponctuellement à des assistants pour mener à bien ses nombreuses commandes.
Vers 1475, le peintre quitte Gand en pleine gloire, pour se retirer au couvent augustin du Rouge-Cloître […]
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