2. Les règles du blason
Les armoiries se composent de deux éléments : des figures et des couleurs. À l'intérieur de l'écu (dont la forme peut être variable), les unes et les autres ne peuvent pas être employées ni associées n'importe comment. Elles obéissent à des règles de composition, peu nombreuses mais permanentes et contraignantes. Ce fait est important car il met en valeur la différence essentielle qui existe entre l'héraldique européenne et les systèmes emblématiques utilisés par d'autres civilisations. C'est ainsi que les Japonais, les Mamelouks, les Incas, certaines ethnies africaines ou océaniennes ont, à un moment ou à un autre de leur histoire, utilisé des emblèmes présentant avec les armoiries occidentales des ressemblances certaines mais dont la composition n'a jamais été codifiée par des règles impératives.
La principale règle du blason concerne les couleurs. Celles-ci n'existent qu'en nombre limité et portent (en français) des noms particuliers qui soulignent leur caractère abstrait, conceptuel : or (jaune), argent (blanc), gueules (rouge), sable (noir), azur (bleu), sinople (vert) et pourpre (violet-gris). Ces couleurs ne peuvent pas s'employer indifféremment. Le blason, en effet, répartit ces sept couleurs en deux groupes : dans le premier sont rangés l'or et l'argent ; dans le second, le gueules, le sable, l'azur, le sinople et le pourpre. La règle interdit de superposer ou de juxtaposer deux couleurs appartenant au même groupe. Prenons l'exemple simple d'un écu dont la figure est un lion ; si le champ de cet écu est d'azur, le lion pourra être d'or ou d'argent, mais il ne pourra pas être de gueules, de sable, de sinople ou de pourpre. Inversement, si le champ est d'or, le lion pourra être de n'importe quelle couleur sauf l'argent. Cette règle fondamentale existe dès l'apparition des armoiries, c'est-à-dire dès le début du xiie siècle. On suppose qu'elle a été empruntée aux bannières (dont l'influence sur les premières armoiries a été considérable) et qu'elle est liée […]
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