Le décryptage du génome humain, au début du xxie siècle, a facilité l'analyse du fonctionnement cellulaire sous l'influence des gènes. D'où l'entrée en scène d'une génomique fonctionnelle cancérologique qui s'attache notamment à comprendre, afin de les contrôler, les mécanismes de l'oncogenèse qui sont à l'origine de la tumorogenèse. Elle conduit ainsi à une rénovation de la cancérologie, en permettant d'agir sur des cibles très précises, précocement identifiées, et en augmentant les possibilités thérapeutiques grâce à une définition plus rigoureuse des lieux à traiter.
Ce progrès décisif intègre en effet d'autres avancées préalablement réalisées en matière de biologie cellulaire, car, depuis 1970, la compréhension des mécanismes moléculaires et cellulaires qui sous-tendent l'apparition et l'évolution des tumeurs malignes a considérablement évolué. Désormais, on a une vision globale des altérations des gènes qui entraînent des dérèglements du fonctionnement cellulaire, à la suite desquels se produit l'invasion de l'organisme par des métastases. La compréhension de ces processus physiopathologiques a été marquée par la découverte, au milieu des années 1970, des premiers gènes déclencheurs de tumeurs (oncogènes), puis, environ une dizaine d'années plus tard, par celle des gènes suppresseurs de tumeurs (antioncogènes). Le schéma conceptuel qui sous-tend ainsi notre compréhension des bases fondamentales de la tumorigenèse implique l'intervention, le plus souvent aléatoire, de gènes clés qui contrôlent des processus cellulaires essentiels, comme la prolifération et la croissance des cellules, leur mort programmée (apoptose), leur sénescence, les communications inter- et intracellulaires, la motilité cellulaire, et la formation de vaisseaux (angiogenèse). L'ensemble de ces fonctions cellulaires essentielles est profondément altéré, ce qui explique l'émergence des cancers selon un processus qui se déroule de manière aléatoire. Cette vision rénovée et unificatrice de l'origine de […]
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