Né à Rome en 1918, Franco Modigliani s'est fait connaître très jeune, en 1944, par un article sur la théorie de Keynes qui a lancé la controverse sur le rôle essentiel de la préférence pour la liquidité. Fidèle au keynésianisme, il a pris part, en tant que chef de file, à la polémique des années 1950 et 1960 entre monétaristes et keynésiens, aux côtés de Paul Samuelson, James Tobin et Lawrence Klein (futurs prix Nobel). Son originalité est incontestable. Même ses adversaires, les tenants du monétarisme, l'ont toujours reconnu comme un homme d'idées. Ses études ont plus généralement pris la forme d'articles touchant à tous les aspects de la macro-économie que celle de livres ou de traités. Après avoir obtenu un doctorat de droit en Italie et un doctorat de sciences sociales à la New School of Social Research à New York, le professeur Modigliani travaille dès la fin des années 1950 avec l'Américain Merton Miller sur des théorèmes devenus célèbres sous le double nom Modigliani-Miller et concernant le financement des entreprises.
L'idée de traiter les décisions financières comme des problèmes de marché n'était pas nouvelle à l'époque. Mais les deux hommes ont été les premiers à l'exploiter dans une analyse théorique rigoureuse qui a permis la poursuite des recherches en ce domaine. Ils ont établi que, si l'on s'en tient à des hypothèses de marchés parfaits et d'investisseurs rationnels, le partage que les sociétés font de leurs profits (sous la forme de dividendes ou d'investissements) n'aura aucun effet, ni sur l'entreprise ni sur le portefeuille de l'investisseur individuel. L'évaluation commerciale d'une entreprise ne sera en conséquence affectée ni par le volume ni par la structure de son passif (fonds propres et endettement). Ces travaux ont eu un impact décisif dans le domaine de la finance d'entreprise.
Le prix Nobel d'économie lui sera attribué, en 1985, pour ses travaux sur l'épargne et les marchés financiers. Concernant l'épargne, la « théorie du cycle de vie », inventée en 195 […]
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