La fleur n'est pas un organe morphologiquement défini. Chez les Angiospermes les moins évoluées, la fleur est évidemment, comme Goethe lui-même l'avait découvert, un rameau feuillé (système d'axes foliarisés) très contracté, dans le prolongement de dispositifs déjà réalisés chez des Végétaux vasculaires archaïques (Coniférophytes, Cycadophytes et même Cryptogames vasculaires) ; chez les Angiospermes les plus évoluées, la fleur se présente comme un organe sui generis, profondément différent, dans son ontogenèse et sa morphologie, de la tige feuillée. Les recherches sur la morphologie florale comparée des Végétaux vasculaires et fossiles, d'une part, les études de tératologie et de morphologie expérimentale (perturbations naturelles ou provoquées du développement floral), d'autre part, ont mis en évidence les procédés, exprimés sous des formes extrêmement variées, par lesquels les états floraux les moins différenciés ont évolué jusqu'aux états les plus spécialisés : des rameaux feuillés et sporangifères diffus sont devenus des systèmes floraux primitifs ; ces premières fleurs se sont condensées et associées de plus en plus étroitement jusqu'à ressusciter des systèmes ressemblant à des fleurs primitives, mais de signification morphologique très différente.
La seule définition simple qu'il est possible de donner de la fleur est fonctionnelle : quelles que soient son origine phylogénique et sa signification morphologique, la fleur est un système dans lequel sont produits, par réduction de moitié du nombre chromosomique, les tétraspores, puis les prothalles (gamétophytes) mâles (grains de pollen) et femelles (sous forme de « sac embryonnaire » chez les Angiospermes), et aussi un système assurant la pollinisation, c'est-à-dire le transport des grains de pollen sur les organes femelles (ovules chez les Gymnospermes ; pistils chez les Angiospermes). Cette définition fonctionnelle recouvre, surtout en ce qui concerne la pollinisation, des mécanismes extrêmement divers, mais dont on ne peut donner une explica […]
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