3. Valeur morphologique et phylogenèse
Classiquement définie comme un axe court portant des feuilles modifiées, la fleur est dans la plupart des esprits étroitement associée à la notion d'Angiosperme. Finalement, la paléontologie, la morphologie comparée et de nombreux cas tératologiques ont montré que la fleur se retrouve chez tous les végétaux vasculaires. Elle s'ébauche déjà chez les Cryptogames vasculaires paléozoïques, et la fleur des Angiospermes n'est que l'étape actuelle de la phylogenèse que cet organe a parcourue au cours des temps.
Ces découvertes ont rénové la morphologie florale, qui, de statique, est devenue dynamique. Elles ont montré que la fleur a la valeur morphologique d'un système d'axes foliarisés, très contracté, et dont certaines pièces se sont unies par concrescence. La condensation extrême des organes est favorable à la reproduction. Elle confère à l'ensemble une physionomie particulière, qui précisément fait la fleur. La fleur est donc une unité biologique, non morphologique.
• Phylogenèse de la fleur
Les moyens phylogénétiques fondamentaux mis en œuvre par la nature sont simples, peu nombreux et remarquablement constants, mais ils offrent, dans les détails, d'infinies variations dont l'immense diversité des fleurs est l'expression.
On trouve toujours à l'origine un système d'axes dichotomiques plus ou moins touffu, qui a subi, au cours des temps, des foliarisations, des contractions (réductions), des condensations et des concrescences.
Le système dichotomique de base constitué d'articles appelés cauloïdes ou télomes se transforme par avortement d'un des côtés, puis les ramifications du sommet deviennent fertiles, et l'axe principal se redresse. Ce système jusqu'alors entièrement à l'état d'axes va subir une foliarisation affectant toutes les ramifications latérales qui deviennent des feuilles. Ultérieurement, se produit une réduction de l'axe et une simplification des feuilles, en même temps que les sporanges s'unissent par deux, par concrescence et réduction de la ramification conduisant à la formation des étamines typiqu […]
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