Les feldspaths sont les minéraux les plus abondants de l'écorce terrestre, dont ils contiennent la majeure partie de l'aluminium, la quasi-totalité du sodium et du potassium, une grande partie du calcium et du silicium. Leur identification précise est une des clés de la systématique des roches éruptives ; elle permet également de suivre certaines étapes importantes dans la progression du métamorphisme. Enfin, leur altération est à l'origine de la mise en solutions des ions alcalins, de la formation d'un grand nombre d'argiles, de l'apparition de la plupart des minéraux alumineux résiduels. La première mention de ces minéraux se trouve dans un ouvrage suédois de J. Tilas (1740), sous la forme feldtspat, où l'on s'accorde à retrouver les constituants spat (cristal) et feldt (champ), ce qui évoque leur présence dans certaines arènes granitiques.
Du point de vue minéralogique, les feldspaths sont des tectosilicates et forment un groupe très homogène, dont l'étude est rendue complexe par l'existence de nombreuses solutions solides, par des variations de structure en fonction de la température, par la persistance fréquente d'états métastables. Les multiples travaux expérimentaux qui ont éclairci tous ces phénomènes, et qui ont fait ressortir la lenteur de leurs transformations, permettent de les utiliser comme de bons « thermomètres géologiques ».
Les feldspathoïdes sont des tectosilicates, voisins des feldspaths, mais moins riches en silice. Ce sont d'ailleurs des minéraux sous-saturés qui réagissent avec le quartz et ils ne peuvent donc coexister avec ce dernier dans les roches. Ils forment une famille dont les deux principaux représentants sont la leucite et la néphéline.
1. Propriétés physiques
Les cristaux de feldspaths sont souvent visibles à l'œil nu et peuvent atteindre des dimensions de l'ordre du décimètre, avec des formes cristallines généralement nettes lorsqu'ils sont dégagés par l'érosion ou développés dans des druses. La dureté est voisine de 6-6,5 ; la densité est faible et varie entre 2,5 et 2,8 […]
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