7. Feldspathoïdes
Les feldspathoïdes sont des tectosilicates, surtout sodiques ou potassiques, plus pauvres en silice que leurs homologues feldspathiques. Ce sont des minéraux peu fréquents, limités aux roches éruptives alcalines sous-saturées et à quelques formations sédimentaires exceptionnelles. La symétrie est plus élevée que dans les feldspaths ; la densité est plus faible, comprise entre 2,3 et 2,5 ; les indices optiques ne s'écartent guère de 1,5. L'agencement des tétraèdres SiO4 et AlO4 ménage des cavités assez volumineuses, où peuvent se loger des ions de grande taille, en particulier des chlorures, sulfures, sulfates ou carbonates, et même dans certains cas des molécules d'eau.
• Leucite
Minéral de formule KAlSi2O6, formant des cristaux translucides ou blancs (d'où son nom), ayant souvent l'aspect typique d'icositétraèdres (« leucitoèdres ») (fig. 8), quadratique à basse température, la leucite devient cubique au-dessus de 625 0C. La distance K — O est voisine de 0,34 nm ; le minéral peut contenir des quantités appréciables de césium (0,167 nm) et l'on connaît même une leucite purement césique, la pollucite, CsAlSi2O6, minéral extrêmement rare, identifié à l'île d'Elbe. En présence de quartz, la leucite se transforme en orthose ; elle n'existe de ce fait que dans des roches sous-saturées très potassiques, et presque exclusivement dans certaines provinces volcaniques, comme les rifts africains, le fossé rhénan ou le centre de l'Italie. Les basaltes et andésites à leucite prennent respectivement le nom de basanite et téphrite à leucite ; lorsqu'il n'y a pas de feldspath dans la roche, on a affaire à une leucitite (coulées récentes du Vésuve). À haute température, la leucite peut contenir en solution une quantité appréciable de sodium, mais, au refroidissement, elle se transforme alors en une association pseudomorphique d'orthose et néphéline, appelée pseudoleucite.
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