Aux craintes excessives inspirées par la guerre du Golfe ont succédé les espoirs déçus d'une reprise économique. La conjoncture mondiale ne s'est affranchie que vers la fin de 1991 de la morosité ressentie depuis plus d'un an. De plus, les perspectives en fin d'année ne permettaient d'entrevoir, pour 1992, qu'une modeste reprise.
La sortie de la récession ne se révélait alors guère plus vigoureuse que cette dernière n'avait été sévère, mais les esprits étaient peu préparés aux difficultés après neuf ans d'expansion ininterrompue. La précédente récession mondiale avait eu pour détonateur le deuxième choc pétrolier en 1979. La guerre du Golfe a joué, ponctuellement, un rôle comparable en donnant un caractère de crise soudaine au ralentissement qui affectait l'économie mondiale depuis 1989.
Contrairement à la crise déclenchée par l'O.P.E.P., le conflit avec l'Irak n'a pas eu qu'un impact tangible limité. Certes, des pays amis ont en grande partie financé l'intervention militaire des alliés, et l'envolée des cours du pétrole a peu duré. Le retour à la paix n'a cependant pas suffi à rétablir la confiance, et la reprise économique allait s'en trouver affectée. Après avoir « flambé » de juillet à septembre 1990, le cours du pétrole retombait en juillet 1991 au-dessous du prix de référence de l'O.P.E.P. de 21 dollars le baril. Il ne devait retrouver ce niveau que le 18 octobre, après une lente remontée au cours des mois d'été.
Ce redressement s'explique par un ensemble de circonstances. L'Irak n'avait pas accepté les conditions imposées par les Nations unies à sa mise sur le marché de 460 000 barils par jour, et le Koweït venait juste de faire sa rentrée pour de petits tonnages. L'Arabie Saoudite, qui produisait alors 8,5 millions de barils par jour, disposait d'une capacité journalière supplémentaire de seulement 200 000 à 300 000 barils. La production soviétique avait diminué, depuis le début de l'année, de 9,5 p. 100, et ses exportations chuté de 24 p. 100 – et les experts s'attendaient à un […]
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