9. Menaces sur le commerce mondial
Le rapport de la C.N.U.C.E.D. consacré à l'Uruguay Round a évoqué le danger que présenterait – dans le cas d'un échec de ces négociations sur la libéralisation des échanges internationaux – la création de blocs commerciaux à l'échelle régionale. Une crainte justifiée par certains chiffres : la croissance du commerce mondial s'est réduite en 1991 à 0,6 p. 100, contre 4,3 p. 100 l'année précédente ; les exportations des P.E.D. ont diminué en volume de 4,1 p. 100 en 1991, après 0,7 p. 100 en 1990.
Les tenants de la thèse selon laquelle il existerait un lien entre ces deux facteurs ont évoqué, pour la soutenir, le rôle clé joué par la Communauté économique européenne dans les pourparlers de l'Uruguay Round. Ces derniers ont marqué un temps d'arrêt après l'échec, en décembre 1990, de la conférence de Bruxelles consacrée aux ultimes tentatives de compromis. En février 1991, les discussions ouvertes cinq ans auparavant ont repris à Genève, au siège du G.A.T.T. (Accord général sur les tarifs et le commerce), elles ont porté sur les divers volets du cycle de négociations : agriculture, obstacles aux échanges, propriété intellectuelle, services et procédures.
Cette relance s'appuyait sur l'initiative de la Commission de Bruxelles pour une réforme de la politique agricole commune (P.A.C.), qui constituait le principal objet du différend. Les États-Unis désiraient en effet obtenir le démantèlement des subventions dont les exportateurs européens de denrées agricoles bénéficient sous forme de restitutions (alimentées par les prélèvements aux importations et le budget communautaire). Les Européens se sont opposés à cette demande jusqu'à la conférence de Bruxelles, mais ils ont fini par s'aligner, avec plus ou moins de réserves, sur une initiative de la Commission. Cette dernière prévoyait de substituer une aide directe aux exploitants, selon l'ancien système britannique des deficiency payments, à une partie au moins des subventions sous forme de prix de souti […]
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