12. Rivalités sur l'intégration en Asie
Les États de l'Association du Sud-Est asiatique (A.S.E.A.N.) ont conclu un accord le 8 octobre 1991, le projet A.F.T.A. (A.S.E.A.N. Free Trade Association), en vue de la création d'une zone de libre-échange dans un délai de quinze ans. Selon le pacte qui devait être signé à la fin de janvier 1992 lors du sommet de l'organisation à Singapour, les six pays membres – Brunéi, Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour et Thaïlande – orienteront vers l'économie une assemblée dont la finalité était initialement politique. En effet, l'A.S.E.A.N. avait été constituée en 1967 en vue de résister à la menace communiste dans le Sud-Est asiatique.
Cette évolution a été motivée autant par les progrès de la détente Est-Ouest que par l'émergence, ou le renforcement, de groupements commerciaux en Europe et en Amérique du Nord. La Malaisie a proposé un Groupement économique de l'Asie du Sud-Est, l'E.A.E.G. (East Asia Economic Grouping), visant à l'intégration d'un marché regroupant, au début des années 1990, 320 millions de consommateurs. L'Indonésie, les Philippines et Singapour trouvant ce projet trop ambitieux, il a été édulcoré. Un système de tarification préférentielle comportant des droits de 0 à 5 p. 100 y a été incorporé, mais la liste des produits concernés demeurait à déterminer. Il a également été convenu qu'un certain nombre de participants (n'excédant pas cinq) pourraient se soustraire à quelques-unes des obligations prévues par le traité.
Ces reculades ont été bien accueillies par Washington, qui craignait que l'E.A.E.G. n'aboutît à « couper l'Asie en deux ». Au lieu du « groupement » envisagé, la concertation n'aura lieu que dans le cadre d'un « comité de consultations » (caucus) similaire à celui de la Coopération économique du Pacifique (A.P.E.C.) qui réunit, depuis 1989, les États-Unis, le Canada, le Japon, la Corée du Sud, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'A.S.E.A.N. La Chine, Hong Kong et Taïwan y ont adhéré en novembre.
Le con […]
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