2. Les raisons du ralentissement
Provoquée à la fois par les besoins supplémentaires – réformes économiques dans les pays de l'Est et en U.R.S.S., reconstruction des pays victimes de la guerre du Golfe – et par le ralentissement de l'épargne au cours des années fastes, la pénurie de capitaux a constitué, en 1991, le thème majeur du débat sur l'économie mondiale.
Au mois de juin, le déficit en question a été évalué par le Japan Center for International Finance à 20 milliards de dollars pour 1991, et à 25 milliards pour l'année suivante. Jean-Claude Trichet, directeur du Trésor français, a cité à ce sujet le chiffre de 30 milliards de dollars. Le directeur général du F.M.I., Michel Camdessus, a estimé, de son côté, à quelque 100 milliards de dollars le surcroît de demande d'épargne nécessaire pour les années à venir, sans compter les besoins en investissements de l'Union soviétique.
Quelle que soit la réalité des chiffres, ce débat a fait apparaître, dans l'analyse de la conjoncture mondiale, un lien entre l'épargne, l'inflation et la croissance, les taux d'intérêt jouant un double rôle de relais et d'équilibrage entre ces paramètres. Une étude publiée en juillet par la Direction de la prévision du ministère français de l'Économie explique, à la lumière de cette interdépendance, le ralentissement subi à partir de 1989 par les dix grands pays industrialisés.
Depuis les débordements des années 1970, la lutte contre l'inflation était à l'ordre du jour. Son efficacité s'est affirmée à partir de 1983 et au cours des six années suivantes. La stabilisation des prix a stimulé les dépenses des ménages, alimentant ainsi la croissance (la consommation représente environ 60 p. 100 du P.I.B. des pays développés) en diminuant leur épargne.
Entre 1980 et 1990, le taux d'épargne est revenu aux États-Unis de 7,5 p. 100 à 4 p. 100, au Japon de 18 p. 100 à 15 p. 100, en France de 17,5 p. 100 à 12 p. 100 (seule parmi les grands pays, l'Allemagne maintenait son taux, aux alentours de 12,5 p. 100).
L'année 1989 a marqué u […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 13 pages…



