13. Un nouveau plan pour l'Afrique
L'Afrique de 1991 continue à souffrir de ses maux habituels : faiblesse des cours des denrées tropicales, poussée démographique, inadaptation des systèmes de gouvernement dans de nombreux pays. À ces « calamités » s'ajoute le ralentissement de la demande à l'importation des pays industrialisés. La croissance des pays de l'Afrique subsaharienne a été estimée par le F.M.I. à environ 2,25 p. 100. Si ce taux est resté pratiquement inchangé par rapport à celui de 1990, le revenu par habitant, lui, a subi une baisse de 1 p. 100. D'une année sur l'autre, l'inflation est passée dans ces pays de 22,75 p. 100 à 24 p. 100. Pris dans son ensemble, le continent devait cependant enregistrer une meilleure performance, avec une expansion économique de 3,2 p. 100, contre 2,1 p. 100 en 1990.
En vue de l'assemblée générale de l'O.N.U. sur la crise économique africaine, qui a eu lieu du 3 au 13 septembre, Javier Perez de Cuellar, secrétaire général de l'Organisation, a fait une évaluation « décevante » du Programme d'action des Nations unies pour le redressement économique et le développement de l'Afrique, qui a porté sur la période 1986-1990.
Le produit intérieur brut du continent, au cours de ces cinq années, s'est accru annuellement de 2,3 p. 100 en termes réels, mais le revenu par habitant a reculé de 0,7 p. 100. La chute des cours des produits de base, qui représentent 70 p. 100 des ressources de l'Afrique, s'est traduite par un manque à gagner de 50 milliards de dollars. Le taux de couverture des importations, qui avait été de 76 p. 100 dans la période 1981-1985, est tombé à 54 p. 100. Les apports financiers nets, réduits, en termes réels, de 24,6 milliards de dollars, en 1986, à 23,3 milliards, n'ont pu compenser ces pertes.
Le secrétaire général des Nations unies a donc proposé un ensemble de mesures susceptibles de porter la croissance économique à 6 p. 100, comme dans les années 1960 et 1970. L'aide publique au développement devrait atteindre 30 milliards […]
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