2. Les étapes
La détoxication évolue généralement en deux phases : les réactions de phase I représentent des transformations chimiques élémentaires du substrat, oxydation, réduction, hydrolyse par exemple ; la phase II consiste en un ensemble de réactions de conjugaison, qui ajoutent au substrat un groupement très polaire favorisant sa solubilité dans l'eau (glucuronoconjugaison, sulfoconjugaison, conjugaison à la glycine, à la glutamine...). Si le composé à détoxiquer possède déjà une fonction chimique permettant l'ancrage de ces groupements polaires, il peut subir directement l'action des enzymes de conjugaison de phase II : c'est le cas de l'acide salicylique, qui est d'emblée glucuronoconjugué. Dans d'autres cas, les réactions de phase I font apparaître des fonctions chimiques permettant ensuite l'action des enzymes de phase II. Soit XH un composé chimique hydrophobe, un médicament par exemple. Une oxygénation (phase I) fait apparaître une fonction —OH qui permettra l'ancrage, par une réaction de phase II, du groupe polaire R (de l'acide glucuronique par exemple).

Un exemple typique d'un tel schéma de détoxication est fourni par le phénobarbital (ou gardénal, un barbiturique). Il subit tout d'abord l'action d'une enzyme de phase I, une mono-oxygénase à cytochrome P-450, qui fait apparaître une fonction hydroxyle —OH ; dans un second temps, une enzyme de phase II, l'UDP-glucuronosyltransférase, greffe sur cette fonction un groupement glucuronate (fig. 1).
Les métabolites formés sont pharmacologiquement inactifs. Le produit final, le glucuronide de p-hydroxyphénobarbital, très polaire, sera aisément éliminé dans les urines.
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