5. Perspectives et limites de la comptabilité nationale
La comptabilité nationale permet de donner un contenu opératoire à l'analyse macroéconomique et d'alimenter les débats publics sur l'économie et la société. Mais les États n'en assurent le financement – coûteux – que parce qu'ils la jugent indispensable à leur action. Créée à une époque où l'interventionnisme étatique, même dans les pays occidentaux, était important et revendiqué, et très liée aux politiques économiques nationales, la comptabilité nationale aurait pu pâtir de l'évolution vers un libéralisme accentué et une mondialisation accrue. Mais elle a su s'adapter et est devenue un outil indispensable à la régulation et à la gestion de l'internationalisation des économies : les traités de l'Union européenne, par exemple, définissent un certain nombre d'obligations à partir d'évaluations de comptabilité nationale qui doivent donc être calculées systématiquement et de façon homogène, et la tendance croissante à la constitution de tels ensembles régionaux – qui devront de plus négocier entre eux – impose l'adoption d'un langage économique commun qui ne peut être que la comptabilité nationale. De plus, cette dernière constitue un instrument irremplaçable d'intégration et de mise en cohérence de l'ensemble de la statistique économique et sociale. Son avenir est donc assuré mais il convient de ne pas en oublier les limites ni d'en ignorer les problèmes :
– Une comptabilité monétaire (ou plus exactement « monétarisée »). Les phénomènes sociaux, écologiques, politiques (y compris dans leurs dimensions économiques) qui ne se laissent pas réduire à la mesure monétaire semblent inexistants, parce que non évalués, ou risquent d'être considérés d'une façon extraordinairement réductrice lorsqu'ils ne sont appréhendés que sous leurs aspects monétaires.
– Une comptabilité nationale. De par son caractère territorial, la comptabilité nationale rend mal compte des phénomènes économiques contemporains d'internationalisation et de transna […]
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