L'expression « pouvoir d'achat » est fréquemment utilisée dans la vie courante. Les médias, les responsables politiques, les représentants syndicaux et d'autres acteurs de la vie publique commentent ses évolutions, souvent en insistant sur les baisses. Les individus eux-mêmes font état de leur sentiment sur le sujet, à nouveau en pointant plus volontiers les reculs que les augmentations. Pourtant les données macroéconomiques révèlent parfois des ralentissements de pouvoir d'achat, mais très rarement des diminutions. Outre des décalages fréquents en statistique entre réalité objective et perception subjective, une des raisons de ces divergences est que le terme pouvoir d'achat est en lui-même relativement mal défini. Cette absence de référentiel commun est une source d'ambiguïté lorsque l'on utilise cette expression dans la vie courante : chacun utilise la même terminologie, mais sans nécessairement lui donner le même contenu.
Le sens générique de pouvoir d'achat renvoie à la quantité de biens ou de services qu'il est possible d'acheter avec un montant d'argent donné. Mais l'origine de ce montant est souvent disparate. On assimile ainsi fréquemment le pouvoir d'achat des salaires à celui des salariés, celui des retraites à celui des retraités, ou celui des médecins aux évolutions en monnaie constante des honoraires. Pourtant les salariés vivent rarement seuls, ou du moins dans une famille où ils sont les seuls actifs. Ils bénéficient en outre fréquemment de prestations qui viennent abonder leurs ressources. Dans ces conditions, il convient de bien préciser à quel montant d'argent on se réfère lorsque l'on parle de pouvoir d'achat ou, comme c'est le cas le plus fréquent, d'évolution du pouvoir d'achat.
Les comptes nationaux fournissent un cadre comptable cohérent qui permet de définir un concept de pouvoir d'achat internationalement utilisé : le revenu disponible brut des ménages corrigé de la hausse des prix. Mais ce cadre macroéconomique ne décrit pas les situations i […]
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