Médecin, savant et architecte, Claude Perrault fait partie de ces esprits universels dont le xviie siècle offre de nombreux exemples. On lui doit des contributions pleines d'intérêt, parfois même décisives, dans des domaines aussi différents que la philosophie naturelle, l'anatomie animale et humaine, la science des machines et l'architecture, comme l'a montré Antoine Picon dans son ouvrage Claude Perrault, 1613-1688, ou la Curiosité d'un classique (Picard, 1988).
Claude Perrault naît en 1613 dans une famille de la bourgeoisie parisienne aisée. Ses parents avaient déjà eu deux fils, Pierre et Jean. Deux autres suivront, Nicolas en 1624 et Charles, le futur auteur des Contes du temps passé, en 1628. Les frères Perrault demeureront très liés toute leur vie durant, Claude et Charles en particulier, qui vont faire carrière ensemble au service de Colbert.
Claude commence par étudier la médecine à la faculté de Paris. Reçu docteur en 1641, il exerce pendant près de vingt-cinq ans sans éclat particulier. Largement due à l'influence de son frère Charles, devenu entre-temps l'un des principaux collaborateurs de Colbert, sa nomination en 1666 à l'Académie des sciences représente le véritable point de départ de son itinéraire scientifique. Au sein de cette compagnie de création récente, Perrault prend très vite la tête du groupe des médecins et des anatomistes. C'est dans ce cadre qu'il assume, en 1671 et en 1676, la publication de deux livraisons monumentales des Mémoires pour servir à l'histoire naturelle des animaux. Rectifiant de nombreuses erreurs commises par les Anciens, Perrault ouvre la voie à ce qui deviendra l'anatomie comparée. Il s'intéresse en parallèle à l'anatomie et à la physiologie humaines. Ses Essais de physique, parus entre 1680 et 1688, comprennent l'une des premières descriptions précises de la structure de l'oreille interne ainsi que l'exposition d'une curieuse théorie animiste du vivant, qui annonce certaines conceptions du siècle des Lumières. À sa mort, en 1688, il laisse ainsi un ensemble d'observations […]
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