Tel qu'il fut à ses débuts, tel qu'il demeure dans sa forme, indépendamment des valeurs de spectacle qu'il propose, le cirque est le centre où viennent se cristalliser les émotions des spectateurs en quête d'exceptionnel, de fantastique, d'extraordinaire. Sous son aspect architectonique, il est l'arène des belluaires, l'hippodrome des voltigeurs, le manège des écuyers, l'amphithéâtre pour pantomimes équestres, cavalcades et chevauchées, vélodrome, stade, podium ou ring. Sa forme répond si bien à sa raison d'être qu'elle résout un problème scénique et optique toujours constant : trouver l'aire d'évolution répondant à la plus grande liberté des acteurs dans un spectacle où chacun doit voir avec la même intensité quelle que soit la place qu'il occupe. La question, toujours posée et identiquement résolue, assure au cirque sa forme naturelle.
1. Cirque et équitation
• Des origines aux Franconi
Le cirque tel que nous le connaissons aujourd'hui n'est comparable que dans sa forme aux cirques et aux hippodromes anciens. Si les artistes de l'adresse, de la force et de l'agilité qui en font l'agrément ont eu de lointains prédécesseurs, c'est au xixe siècle seulement que les troupes d'acrobates nomades occupent une place qu'ils défendent avec succès dans les manèges et les amphithéâtres envahis depuis le siècle précédent par des compagnies équestres.
On suppose qu'il y avait déjà des cirques en Égypte, bien qu'on ne relève comme preuve de cette possibilité que des jongleurs, des équilibristes et des acrobates à cheval qui figurent sur les documents – poteries, sculptures, peintures – parvenus jusqu'à nous. Il est probable que, sans avoir construit d'édifices qui puissent se comparer aux cirques-hippodromes romains, les artistes grecs de la force et de l'agilité se sont produits autant sur les places publiques que dans les stades, comme celui d'Olympie, plus particulièrement réservés aux athlètes et aux évolutions équestres.
Rome posséda plusieurs cirques : cirque de Flore, de Maximus, de Flaminius, que nous ap […]
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