4. Métamorphoses de la cantate
Il semble que le mot même de cantate ait pris, dès lors, un sens quasi officiel, et même, parfois, péjoratif. Les fêtes de la Révolution française sont le prétexte à bien des manifestations populaires où la musique a sa place sous forme de cantates académiques. L'Empire enchaîne avec cette mode, ce qui nous vaut des œuvres compassées et assez inutiles de Lesueur ou de Méhul.
Enfin, le xixe siècle voit fleurir un grand nombre d'ouvrages où l'orchestre se mêle aux chœurs, et qui peuvent, par retour à l'étymologie, prendre le nom de cantates. Mais il semble que ce soit là un abus de vocabulaire. Le mot de cantate reprend, en effet, le caractère très vague qu'il avait à l'origine, et il est fait fi de la lente évolution qui avait amené la cantate à sa forme du xviiie siècle. Aussi imprécis que le terme de prélude, le mot de cantate a retrouvé à l'époque contemporaine une faveur certaine auprès des compositeurs. L'immense variété des œuvres qu'il sert à nommer rend inutile de les énumérer.
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