2. Une grande ville à l'étroit
Bombay a des fonctions très différenciées. C'est d'abord un très grand port, le premier de l'Inde. Bien abrités, en eau profonde, les docks sont assez bien équipés et accessibles à toute heure. En revanche, la position péninsulaire rend assez difficiles les relations avec l'arrière-pays, par des routes et des voies ferrées très surchargées.
Bombay est aussi une grande ville industrielle. Ses industries sont très variées ; à peu près toutes les branches y sont représentées, sauf la sidérurgie. On peut les grouper en trois catégories :
– la vieille industrie textile reste une des originalités de Bombay ; depuis l'indépendance, des usines de rayonne et de textiles artificiels sont venues s'ajouter aux vieilles filatures de coton, dont beaucoup ont disparu en raison de leur faible productivité ;
– les industries nées du port et situées le long des docks ; elles se sont enrichies de grandes usines d'engrais et de raffineries de pétrole ;
– les industries de transformation modernes, nées depuis l'indépendance surtout ; la fabrication de machines-outils, de bicyclettes et d'automobiles est particulièrement développée.
Les fonctions de direction économique sont évidemment aussi très importantes. Bourse des valeurs, banques, maisons de gros donnent à Bombay la seconde place en Inde après Calcutta. Le commerce et les services emploient plus d'un million de personnes. Une ligne nord-sud tracée dans l'axe de la péninsule délimite à peu près la zone de commandement de Bombay. Mais son influence se fait sentir, malgré l'importance de Madras, jusque dans l'Inde du Sud.
Le développement économique reste pourtant insuffisant pour permettre à une population, en augmentation rapide du fait de l'immigration, de vivre dans des conditions satisfaisantes. Immigration jeune et surtout masculine. Cette immigration se fait surtout à partir des campagnes les plus pauvres des environs : à distance égale, les régions côtières du Konkan et du Gujerat envoient bien plus de migrants vers Bombay que les campagnes moins misérables du plateau volcanique.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 4 pages…



