Quatrième ville de la république de l'Inde après Bombay (Mumbai), Delhi et Calcutta, Madras (Chennai depuis 1996) comptait 4 343 600 habitants lors du recensement de 2001 (6 560 000 hab. pour l'agglomération). C'est à partir de Madras, troisième comptoir britannique devenu capitale, qu'étaient administrés les territoires coloniaux de l'Inde du Sud. Depuis l'indépendance de l'Inde, Madras est devenue capitale du Tamil Nādu, le principal des États de l'Inde méridionale, le plus actif et sans doute le plus soucieux de son autonomie en face du pouvoir central de New Delhi.
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Contrairement à celui de Bombay, le site de Madras n'offrait pas d'avantages exceptionnels pour l'établissement d'un comptoir ; une plaine basse se terminant sur la mer par d'immenses plages, à peine interrompues par l'embouchure de la Cooum, médiocre fleuve côtier. Très vite, il fallut construire une longue digue pour créer un port. On chercha longtemps un site de comptoir le long de cette côte sud-est où il importait de prendre pied. Le choix de Madras fut presque l'effet du hasard, et ce fut la victoire britannique sur la France, et non les avantages du site, qui assura son essor aux dépens de Pondichéry, toute proche.
Madras est une capitale administrative et économique, un port, mais aussi une ville industrielle. L'industrie est très variée, mais le textile, le cuir et la métallurgie de transformation y tiennent une place particulière. C'est à Madras que le gouvernement fédéral a encouragé l'implantation de quelques-unes des plus importantes usines d'automobiles, de construction de matériel ferroviaire et d'équipements électriques de l'Inde. La pétrochimie est devenue importante.
La ville a un centre très typique des anciens comptoirs : l'ancien fort (fort Saint George) est devenu le premier quartier d'affaires ; la vieille ville indienne le borde immédiatement (quartier de George Town) et le port est à proximité. De grands espaces militaires peu construits aèrent les abords du centre. Les quartiers industriels se sont développés vers le nord et le nord-ouest, le long de la voie ferrée Bombay-Madras. Au sud, un axe commercial et bancaire s'étire le long de Mount Road, créant ainsi un deuxième quartier d'affaires. Tout autour, une constellation de villages urbanisés, avec leurs maisons basses à colonnes, forment un ensemble hétéroclite. Madras porte les traces habituelles de la pauvreté indienne, moins nettement toutefois que Bombay ou Calcutta. Elle est une grande métropole culturelle et universitaire (université, nombreux instituts techniques).
François DURAND-DASTÈS
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