La philosophie de Bacon représente une des grandes ruptures avec la scolastique. Après Thomas More et Montaigne, qu'il admire, avant Descartes qui le lira et reprendra plusieurs de ses idées, Bacon cherche à dégager la connaissance humaine de l'autorité accordée à Aristote par les universités : « Le savoir dérivé d'Aristote, s'il est soustrait au libre examen, ne montera pas plus haut que le savoir qu'Aristote avait. » Il reproche aux hommes de l'École de s'être enfermés à la fois dans des cellules de monastères et dans l'étude d'un tout petit nombre d'auteurs, en tout état de cause, dans un savoir livresque, au lieu d'explorer et étudier la nature.
Né à Londres dans une famille qui a déjà fourni à la Couronne anglaise quelques grands serviteurs mais qui n'appartient pas à la noblesse terrienne, Bacon fut élève de Trinity College (Cambridge) et étudia le droit à Gray's Inn (Londres). Il séjourna en France de 1576 à 1578 (ou 1579) auprès de l'ambassadeur de la reine Élisabeth à Paris.
Bacon a combiné une carrière politique et une vie de philosophe : membre du Parlement à partir de 1584, il publie en 1597 un premier petit volume contenant notamment des « Essais moraux et politiques ». Après la mort de la reine (1603), se croyant écarté des charges publiques, il entreprend de rédiger Du progrès et de la promotion des savoirs, mais le nouveau roi, Jacques Ier, lui aura confié des tâches importantes avant que le livre ne paraisse (1605). Dans les années qui suivent, malgré ses fonctions de juriste et d'homme politique, il trouve le loisir d'écrire des opuscules philosophiques qui circuleront en manuscrit et un traité d'interprétation des fables antiques, le De la sagesse des Anciens (1609). Il devient garde des Sceaux en 1617, puis lord Chancellor en 1618, avant de publier, en 1620, le Novum Organum. Fait chevalier en 1603 (sir Francis Bacon), il sera créé baron de Verulam en 1618 et vicomte de Saint-Alban en 1620 (ou 1621). Une accusation de corruption dans un contexte politique difficile met en 1621 un t […]
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