5. Le bien-fondé de l'autofinancement
Par référence explicite ou implicite au modèle de financement traditionnel selon lequel tous les fonds investis ont été épargnés préalablement, et où le financement des investissements n'interfère pas avec la distribution des revenus, on a pu dire que l'autofinancement, épargne forcée, affectait sensiblement la distribution et pesait notamment sur les consommateurs et sur les salariés des entreprises qui le pratiquent.
En ce qui concerne les consommateurs, cette affirmation est fondée sur l'idée, assez imprécise, que l'autofinancement appelle l'existence d'une marge supplémentaire incluse dans les prix et exerce ainsi une pression à la hausse de ces derniers ou tout au moins constitue un obstacle à leur baisse. Or, si l'on s'applique à comparer la situation du consommateur dans deux hypothèses différentes de financement du même investissement, il n'est pas possible de conclure que le recours à l'autofinancement se traduise par un niveau de prix plus élevé. Dans le cas d'un investissement financé par l'emprunt, il faudra incorporer dans les prix les annuités de remboursement ainsi que le paiement des intérêts. C'est seulement dans l'hypothèse où la réalisation de l'investissement résulterait d'une hausse délibérée du prix, destinée à réunir les fonds nécessaires, que l'on pourrait parler d'une répercussion sur le consommateur, ce qui n'est envisageable que si la firme est totalement maîtresse du prix et que l'élévation du prix n'ait pas d'incidence sur la demande.
En ce qui concerne les salariés, suivant un raisonnement similaire, on a parfois estimé que l'accroissement des marges ou des profits pouvait être obtenu grâce à la compression des coûts, les coûts du travail en particulier. Inversement, on pensera que les fonds consacrés à l'autofinancement auraient pu être distribués sous forme de salaires plus élevés. Mais la rigueur fait ici à nouveau défaut à l'analyse. Les profits supplémentaires peuvent tout aussi bien résulter de la compress […]
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