3. Le choix de l'autofinancement
Pourquoi l'entreprise recourt-elle à l'autofinancement et ne fait-elle pas appel uniquement au financement externe ?
Différentes raisons peuvent amener les dirigeants de l'entreprise à préférer l'autofinancement à l'émission d'actions ou d'obligations, ou encore au crédit bancaire.
Un tel choix peut résulter, en premier lieu, d'une attitude spontanée des dirigeants visant à employer au mieux, et dans la perspective d'une meilleure rentabilité, les liquidités réalisées au cours de l'exercice. Il s'agit souvent d'un réflexe de bonne gestion financière. Comme il convient de ne pas laisser des sommes oisives, lorsqu'on arrive en fin d'année, les bénéfices ont souvent déjà été réinvestis dans des actifs et la rétention va alors de soi.
De plus, l'autofinancement apparaît souvent comme préférable pour un ensemble de motifs qui témoignent du désir des dirigeants de l'entreprise de garder le contrôle de celle-ci, de minimiser le risque des investissements ou le coût du capital.
Si la firme est une organisation qui tend avant tout à maximiser les profits, c'est aussi une unité économique engagée dans une lutte constante pour sa vie et son indépendance. À cet égard, les apporteurs de fonds peuvent constituer une menace, et les augmentations de capital, si elles ne sont pas soigneusement préparées, accentuent les risques de « raids » boursiers. Le danger des participations bancaires, quant à lui, a été maintes fois souligné par les hommes d'affaires dont les entreprises florissantes constituent une tentation permanente pour les groupes financiers. Le financement des investissements sur les ressources dégagées par l'activité est évidemment le meilleur moyen d'assurer au groupe dominant la permanence de son contrôle.
Cette préférence repose aussi sur la conviction, partagée par la plupart des administrateurs des grandes affaires, que l'entreprise est une institution ayant une existence distincte de celle de ses propriétaires. Le dividende leur paraît fréquemment semblable à un i […]
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