2. La mesure de l'autofinancement
L'autofinancement demeure le moyen de financement privilégié des entreprises, mais il est très difficile de le mesurer de manière précise. En effet, la plupart des statistiques retiennent des indicateurs qui ne mesurent qu'indirectement l'autofinancement, via le taux de distribution des dividendes. On distingue bien entre le financement par capitaux propres et le financement par dettes mais, le plus souvent, sans différencier, au sein du premier, le financement par capitaux propres externes (l'augmentation de capital) et le financement interne (l'autofinancement).
Le taux de distribution des dividendes est fortement influencé par la fiscalité. Le taux d'imposition est généralement plus faible en Europe pour la part non distribuée (environ 20 p. 100 de différence en France, si l'on considère la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu), ce qui encourage la mise en réserves. Cela a fortement contribué au désendettement des entreprises françaises, de la fin des années 1970 jusqu'à la fin des années 1990. La tendance s'est ensuite inversée en raison de la baisse des taux d'intérêt.
La fiscalité n'est pas la seule raison qui explique la tendance générale des entreprises à préférer l'autofinancement et, en conséquence, à verser moins de dividendes. Un article du Journal of Financial Economics, publié en avril 2001, indiquait que si les deux tiers des entreprises américaines payaient des dividendes en 1978, elles n'étaient plus que 21 p. 100 à le faire en 1999. La proportion était cependant différente en France : en 2000, 5 p. 100 seulement des grandes entreprises cotées n'avaient pas versé de dividendes.
En France, selon l'I.N.S.E.E., même depuis l'essor des marchés de capitaux à partir du début des années 1980, l'autofinancement a toujours été supérieur aux ressources externes (endettement et appel aux actionnaires), sauf pendant de très courtes périodes, comme de 1980 à 1983 ou en 1990. Le taux de couverture des besoins de financement a été […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 7 pages…



