4. Autofinancement et mobilité du capital
Il n'est pas rare d'entendre critiquer vivement la place tenue par l'autofinancement dans le financement des investissements : on oppose la situation réelle des économies contemporaines à ce qui se passerait si, tous les profits étant distribués, les investissements étaient financés uniquement par appel à l'épargne et au marché des capitaux.
L'une des critiques les plus courantes est que l'autofinancement ferait obstacle à la mobilité du capital, et donc à la meilleure affectation des ressources. Il avantagerait notamment les entreprises en place par rapport à celles qui souhaiteraient se créer, les activités déjà implantées par rapport aux produits et aux activités nouvelles. En bref, il favoriserait le maintien des structures anciennes. Cette argumentation est justifiée par le fait que l'entrepreneur parie plus facilement sur lui-même que sur les autres et donc investit plus généreusement dans sa propre entreprise qu'à l'extérieur. Et ce d'autant que la fiscalité n'est pas favorable à une distribution élevée des profits.
Pour autant, l'autofinancement n'interdit pas l'affectation du capital aux emplois les plus productifs. En effet, les profits réinvestis ne sont pas forcément liés aux activités qui les ont fait naître. Ils financent souvent des productions différentes, soit dans la firme où ils sont apparus, soit dans des entreprises distinctes.
La grande entreprise contemporaine est généralement une firme multiproductrice, dont les activités sont diversifiées, cette diversification constituant une protection contre les fluctuations de la demande et une garantie de croissance. Les productions peuvent porter sur des objets différents ou même relever de branches nettement distinctes. Ainsi, les profits retirés d'une fabrication peuvent servir à en financer une autre suivant les perspectives du marché. Il est fréquent, par exemple, qu'une entreprise dont l'activité principale est en régression s'adjoigne des fabrications nouvelles situées […]
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