7. Histoire de l'exploration
En dehors de quelques incursions de Francis Drake dans les eaux du détroit qui porte son nom, au sud du cap Horn, à la fin du xvie siècle, et du voyage au cours duquel le Malouin Jean-Baptiste Bouvet de Lozier découvrit, en 1739, les îles qui portent son nom, l'océan Austral n'a été pénétré que vers 1770, par les explorations presque simultanées de James Cook (1768-1771 et 1772-1775), du Malouin Marion-Dufresne accompagné de Crozet (1771-1772) et du Quimpérois Kerguelen (1771-1773). Une bonne partie du voyage circumpolaire de Cook se fit le long du 60e parallèle, à la limite des glaces flottantes, et il fit même une incursion jusqu'à 710 10' de latitude sud, sans rencontrer la terre. On douta alors de l'existence d'un continent austral, et les mers du Sud furent délaissées par les explorateurs, jusqu'à ce que la découverte, par le baleinier anglais Smith, de l'archipel des Shetland du Sud, en 1819, ait rendu l'espoir de trouver là un continent.
Les expéditions furent nombreuses de 1820 à 1845 et permirent de reconnaître de place en place la limite du continent : découverte en 1821 de l'archipel Pierre-Ier par l'amiral russe Bellingshausen et de la terre de Palmer par l'Américain de ce nom, expédition de Weddell jusqu'à 800 de latitude sud en 1823, découverte de la terre de Graham par Biscoe en 1832, explorations et levés cartographiques de Dumont d'Urville de 1837 à 1840, expédition de l'Américain Wilkes de 1838 à 1842, de l'Anglais Ross de 1839 à 1843, de Moore en 1845.
Une fois l'existence d'un continent assurée, ses limites reconnues grossièrement, et son manque de ressources constaté, l'océan Austral fut à nouveau délaissé, sauf par les baleiniers, jusqu'à ce que l'expédition du Challenger, en 1873-1874, sous le commandement de George Nares, rapportent le premier corps cohérent d'observations hydrologiques. Depuis lors, l'océan Austral n'a pas cessé d'être fréquenté par des scientifiques, dont les observations se complètent les unes les autres. Depuis la Seconde Guerre mondiale, il y a constamment des navires océanographiques qui y travaillent, notamment des navires américains, russes et japonais.
Toutefois, les difficultés de la recherche océanographique dans ce milieu hostile expliquent que l'océan Austral reste assez mal connu.
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