Selon qu'un son est engendré par un nombre plus ou moins grand de vibrations à la seconde, nous traduisons la sensation qu'il nous donne par les mots : aigu ou grave, haut ou bas. Ces images ne s'appliquent évidemment qu'à des notions toutes relatives. L'oreille peut reconnaître la hauteur absolue d'un son, mais la musique commence avec les rapports qui s'établissent, dans la durée ou la simultanéité, entre lui et ceux qui l'entourent.
Un son, même situé en un point très élevé de l'échelle, peut donc toujours devenir la basse d'un complexe harmonique ou contrapuntique, et c'est dans cette perspective que sera précisé le sens de ce mot dans le langage propre à la polyphonie occidentale moderne.
Mais, du fait que nous percevons approximativement comme basse une certaine région de l'échelle où les fréquences sont de l'ordre de quelques centaines de vibrations à la seconde, on a depuis longtemps désigné par le substantif féminin basse certaines sources sonores propres à les émettre.
Une basse, ce sera un instrument (aujourd'hui plus fréquemment appelé violoncelle) qui, par la longueur et la tension de ses cordes vibrantes ainsi que par le volume de sa caisse de résonance, a pour vocation d'émettre des sons entre ce do grave et une limite supérieure variable selon l'habileté du virtuose.
Une basse, ce sera aussi tel ou tel instrument dont un complément déterminatif précisera la famille : basse d'harmonie (instrument à vent, en cuivre), basse de viole, basse de hautbois (ou basson).
Une basse, ce sera encore un chanteur que, selon la limite inférieure de sa voix, le théâtre lyrique appellera une basse noble, ou une basse chantante. Ici encore on est dans le relatif, car, dans l'appréciation des qualités d'une voix, il entre bien d'autres éléments, et, en particulier, son timbre qui peut modifier très sensiblement la sensation de profondeur donnée par un son grave.
Dans ces diverses acceptions le mot basse répond à une réalité concrète qui peut se décrire objectivement et ne fait appel à […]
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