Fondée à New York, en septembre 1947, par deux fans de jazz, Ahmet Ertegun, fils d'un diplomate turc, et Herb Abramson, ancien directeur artistique chez National Records, la firme discographique Atlantic Records va, jusqu'à la fin des années 1960, s'imposer comme le plus important des labels indépendants dédiés au jazz, au rhythm and blues et à la soul music. Ses premières stars – Big Joe Turner, Ruth Brown, Erroll Garner... – sont bientôt rejointes par des jazzmen de la stature de Sidney Bechet, Don Byas, Dizzy Gillespie, Wilbur De Paris ou Jimmy Yancey. Des artistes et des groupes qui se situent à la frontière du blues et du rhythm and blues enregistrent chez Atlantic : Joe Turner, Ray Charles, Aretha Franklin, Roberta Flack, Otis Redding, ou encore LaVern Baker. Exception faite de Ray Charles, aucun de ces artistes n'écrit régulièrement ses propres chansons, qui sont signées par des auteurs indépendants, comme Jesse Stone, Rudolph Toombs ou Winfield Scott. Extrêmement doué pour faire répéter les artistes et organiser les enregistrements en studio, Jesse Stone devient également l'un des piliers de l'équipe de production d'Atlantic. Ancien critique musical qui est à l'origine de l'expression rhythm and blues, forgée lorsqu'il travaillait pour le magazine Billboard, Jerry Wexler rejoint Atlantic Records en 1953. Il arrive juste à temps pour participer à l'âge d'or du label, durant lequel nombre de titres classiques seront enregistrés lors de séances nocturnes dans les studios de la 56e Rue de New York, une fois les tables empilées les unes sur les autres afin de laisser place aux appareils de l'ingénieur du son Tom Dowd. Alors que la liste des artistes qui signent des contrats avec Atlantic Records s'allonge, la firme recrute Jerry Leiber et Mike Stoller afin de produire les albums des groupes The Coasters et The Drifters, tandis que Ahmet Ertegun lui-même aide à lancer le jeune Bobby Darin.
Sous l'impulsion du frère de Ahmet, Nesuhi Ertegun, la liste des jazzmen enregistrant chez Atlantic Records s'allonge ; Il suffit de citer Lennie Tristano, Lee Konitz, le Modern Jazz Quartet, Charlie Mingus, John Coltrane, Ornette Coleman, Chick Corea ou Keith Jarrett.
Depuis 2004, Atlantic Records (rebaptisé Atlantic Records Group) appartient au Warner Music Group.
Charlie GILLETT
Universalis
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