L'origine du terme reste quelque peu obscure. Il viendrait du latin assis, puis astella, qui ne désignait que le simple copeau, l'éclat de bois. Vers 1332, on en relève l'usage en français pour désigner « le lieu où sont réunis les éclats de bois du charpentier ». On en trouve entre le xive et le xviiie siècle les formes suivantes : artelier, astelier, astellier, attelier, hastelier, etc. Le mot semble être fixé dans son sens comme dans son orthographe au xviiie siècle où il signifie « le lieu aussi bien que l'ensemble des ouvriers groupés dans ce lieu où l'on travaille sous un même maître » (Trévoux, 1773). Longue genèse d'un terme désignant une réalité qui naquit en même temps que le travail humain. Issu d'une terminologie de charpentier, le mot atelier n'a pas eu que des avatars morphologiques ; plus profondes et plus significatives sont ses aventures sémantiques. Sa polysémie n'est pas l'œuvre d'une suite d'accidents linguistiques ; le mot eut la mobilité même de ce qu'il désignait, changeant de sens chaque fois que la société changeait elle-même sa propre conception du travail, de la production et de la fabrication, au fil des transformations économiques, sociales et politiques.
1. Historique
L'atelier a toujours existé aussi loin qu'on remonte dans la préhistoire, et les paléontologues n'hésitent pas à parler d'ateliers paléolithiques lorsqu'une fouille laisse apparaître, même sur un très faible diamètre, un dépôt que l'on suppose intentionnel d'armes et d'objets offrant des caractères identiques de fabrication. Fondamentalement lieu de travail, il nous en reste des traces et des témoignages multiformes portant tantôt sur l'organisation locale et technique de l'atelier, tantôt sur sa structure interne, la conception du travail et des rapports sociaux qui s'y matérialisaient. Double visage de l'atelier. Il est l'espace où la matière se transforme en objet finalisé, lieu privilégié où la nature passe dans la culture ; son périmètre constitue un seuil : il marque les […]
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