2. L'ouvroir et la boutique. L'atelier artisanal
On trouve l'atelier tantôt indépendant d'une guilde ou d'une organisation corporative, tantôt, et le plus souvent, dans le cadre urbain ou rural de la corporation. Ce type d'atelier existe encore là où l'industrie n'a pas disloqué les formes archaïques du travail. La machine a vidé peu à peu ces ouvroirs, dispersant en les séparant artistes et artisans.
Comment se présente cet atelier ? Le type en est l'atelier européen du Moyen Âge, reflétant la pensée thomiste du travail et la structure féodale de la société. Cependant, qu'on l'examine à Athènes, en Perse, en Égypte ou en Europe, ce modèle d'atelier semble avoir existé partout avec la même structure et les caractères technologiques qui le conditionnent. Partout, il s'agit d'un local non distinct de l'habitation dont il est partie intégrante ou attenante. Il est à la fois lieu d'apprentissage, de production et de distribution. Il est dirigé par un maître qui est propriétaire de la matière première et des instruments de travail. L'équipe d'atelier est partout hiérarchisée selon un modèle unique : maître, apprenti et compagnon. Le compagnon ou valet ne se distingue du maître que par sa dépendance économique : artisan accompli, il ne possède pas d'atelier ni de boutique, il loue ses services. L'apprenti entre souvent dès l'âge de sept ans à l'atelier et sous contrat ; il y est logé, nourri et instruit. On lui apprend moyennant paiement toutes les techniques du métier. Si chaque atelier est spécialisé dans une branche de la production, par contre à l'intérieur d'un même atelier la spécialisation est un phénomène tardif et la division du travail ne correspond pas à des répartitions dans l'information, mais uniquement dans l'exécution. L'artisan doit savoir tout faire dans son atelier, mais dans l'exécution d'un ouvrage de commande on pourra lui confier une partie limitée du programme total. Cette polytechnie de l'artisan est attestée par les épreuves proposées lors des « chefs-d'œuvre » que l'app […]
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