3. L'âge des horticulteurs-agriculteurs (ou Néolithique)
Quand Madeleine Colani découvrit, en 1927, des gisements préhistoriques près de Hoà-Binh, alors au Tonkin, elle pensait avoir trouvé, pour la première fois en Asie du Sud-Est, des sites montrant la transition entre le Paléolithique et le Néolithique, parce que dans les couches inférieures il y avait des outils en pierre taillée, tandis que les couches supérieures contenaient des haches partiellement polies et de la poterie. Mais on a appris, depuis lors, que ces deux innovations technologiques ne sont nullement liées directement à l'agriculture. La première conclusion importante de recherches plus récentes concernant le Néolithique est donc qu'il faut considérer séparément poterie, polissage de la pierre et domestication des plantes, la présence d'un ou deux de ces trois éléments n'impliquant pas nécessairement celle du reste. La preuve de l'horticulture ou l'agriculture ne peut être donnée que par les restes matériels (ou des impressions) des plantes cultivées ou de leurs graines. Ceux-là ne se trouvent malheureusement pas facilement en Asie du Sud-Est.
Pourtant, dans la « grotte des esprits » (Spirit Cave), dans le nord de la Thaïlande, furent trouvées, en 1966, les graines de plusieurs plantes apparemment cultivées dans des couches datées de 10000 à 6000 avant J.-C. (Gorman). Ce site fut donc considéré comme l'indication que la domestication des plantes a dû commencer ici il y a peut-être 15 000 ans (Solheim), c'est-à-dire plus tôt que partout ailleurs dans le monde. Mais même si cette thèse n'est pas nouvelle, puisque le géographe américain Carl Sauer l'avait déjà proposée en 1952, se basant seulement sur des considérations théoriques, les conclusions tirées des fouilles de la « grotte des esprits » manquent de conviction, ne serait-ce que parce qu'il est extrêmement difficile d'établir une distinction entre les graines des plantes sauvages et domestiquées au début de l'agriculture. Cela dit, il est bien possible que l'Asie du S […]
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