On qualifie généralement de franco-flamand l'art des sculpteurs du temps de Charles V et celui des peintres travaillant à la cour de France au début du règne de Charles VI, et ce en raison de l'origine « flamande » de bon nombre de ces artistes. Il semble en effet qu'ils n'aient pas apporté une forme d'art pratiquée auparavant dans leur pays d'origine, mais qu'ils aient trouvé leur expression artistique au contact du foyer parisien.
L'un de ces maîtres, André Beauneveu de Valenciennes, après avoir travaillé à Paris pour le roi Charles V, mais aussi à Malines et à Courtrai, passa au service du duc Jean de Berry. Mais, avant que ne s'élève la Sainte-Chapelle de Bourges, où le duc de Berry devait avoir son tombeau, la fondation de la chartreuse de Champmol par Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, devait faire de Dijon un important foyer d'art. L'ordonnance première du portail de l'église, le décor de l'oratoire ducal et l'architecture d'albâtre du tombeau de Philippe le Hardi, à laquelle travaillèrent Philippe Van Eram et Claus de Haine, originaire de Tournai, furent conçus par Jean de Marville, qui avait été collaborateur de Jean de Liège. Ainsi est-ce dans la tradition fran […]
