Arras, 41 400 habitants en 2005, ville centre d'une agglomération d'environ 90 000 habitants, se situe à la frange sud de l'aire urbaine centrale du Nord - Pas-de-Calais, immense conglomérat transfrontalier. Elle en est l'une des plus anciennes cités, installée sur les bords de la Scarpe, un affluent de l'Escaut, et au carrefour des routes qui conduisaient d'Angleterre au Rhin, via Boulogne, et des Pays-Bas au cœur de la France. Capitale du peuple gaulois des Atrébates dont elle tire son nom, elle connut un premier essor à l'époque gallo-romaine ; saint Vaast y établit un évêché vers 500. Elle devint au Moyen Âge une des grandes villes commerçantes (blé, laine, vin) et drapantes des pays de la mer du Nord – 30 000 habitants au xiiie siècle –, célèbre pour ses tapisseries ; dans plusieurs pays, on désigne une tapisserie par un nom dérivé d'Arras.
Capitale du comté d'Artois, apanage capétien aux xiiie et xive siècles, elle se développa en ville double : à l'ouest une cité administrative et à l'est une cité marchande, disposant de larges franchises. On trouve toujours la marque de cette dualité dans l'urbanisme actuel. Échue à la fin du xive siècle dans l'héritage bourguignon, elle suscita les convoitises françaises. À la mort de Charles le Téméraire (1477), elle fut détruite par Louis XI et perdit son rayonnement international. Malgré une farouche résistance des habitants, Louis XIII prit la ville en 1640 aux Pays-Bas espagnols. Définitivement détachée de ceux-ci par le traité des Pyrénées (1659), elle fut ceinte par Vauban de nouvelles fortifications et flanquée d'une citadelle extérieure.
Arras a ensuite combiné des fonctions de commerce et services et des fonctions politico-administratives, comme siège des États et du gouvernement d'Artois ainsi que d'un évêché, puis comme chef-lieu du département du Pas-de-Calais. Au xixe siècle, la ville ne participa que timidement à l'industrialisation régionale qui, à une quinzaine de kilomètres seulement, faisait surgir la nébuleuse urbaine du bassin minier. Malgré la […]
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