2. La déforestation massive, menace pour l'environnement
En Amérique latine, depuis 1974, un tiers des forêts tropicales a disparu, transformé en pâturages ; ce qui représente, en moyenne, la perte de deux millions d'hectares par an. Le Brésil a annoncé officiellement en 2005 que 17 p. 100 de sa forêt amazonienne, soit 600 000 kilomètres carrés, a été déboisée. La responsabilité en incombe essentiellement à l'exploitation forestière, à l'agriculture sur brûlis, au nettoyage par le feu des pâturages et à l'orpaillage. Quels sont les moyens de contrôle et les politiques mises en place pour surveiller cette transformation des usages de l'espace ?
• De la colonisation à la protection
L'ouverture de routes stratégiques, comme celle reliant Belém à Brasilia (1960), ou la « marginale de la forêt » (marginal de la selva) sur les contreforts orientaux de la Cordillère des Andes, lancée par le gouvernement péruvien en 1970 en même temps qu'un « Plan élevage en forêt » ; ou encore, la Transamazonienne, commencée par le gouvernement militaire brésilien, en 1972, pour relier l'Atlantique au Pacifique et favoriser l'installation de colons, a été à l'origine de grands bouleversements d'une région jusque-là sous-peuplée. À partir de cette intégration par les routes, des programmes de colonisation agricole publics et privés se multiplient, des mines sont mises en exploitation (étain, or, bauxite, etc.), des complexes industriels sont édifiés (pour l'aluminium), tandis qu'un réseau de villes (Santarém, Marabá...) et de bourgs de services s'organise. Le flux migratoire, allant des Andes vers l'Oriente, et du sud et du Nordeste vers l'Amazonie brésilienne, s'amplifie, la déforestation progresse au rythme de millions d'hectares par an. L'Amazonie, avec ses ressources inépuisables, est censée offrir de nouvelles possibilités d'ascension sociale aux paysanneries latino-américaines en quête de terres.
Cependant, ces grands programmes « développementistes » des an […]
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