Le Finlandais Alvar Aalto, comme le Suédois Gunnar Asplund, figure parmi les rares architectes scandinaves qui ont acquis une notoriété internationale avant la Seconde Guerre mondiale. Il est admis, généralement, de classer son œuvre dans la mouvance du style international né dans le courant des années vingt. Mais la critique architecturale se plaît par ailleurs à magnifier en Aalto le talent d'un artiste original dont la production qualifiée souvent d'organique s'accommode mal du dogme moderniste. La tentation est grande de marginaliser, voire de régionaliser, cette architecture élevée aux confins du cercle polaire. Le déterminisme écologique est une explication réductrice de l'originalité de l'œuvre d'Aalto. L'influence de la puissance suédoise qui exerce sa domination sur le pays du xiie au xixe siècle est une composante fondamentale de la culture finnoise ; il convient de la prendre en compte dans l'analyse de l'œuvre d'Aalto. Annexée en 1809 à la Russie tsariste, la Finlande ne conquiert son indépendance qu'en 1917 en profitant des désordres provoqués par la révolution d'Octobre et la Première Guerre mondiale. Cette libération, chèrement conquise, marque l'aboutissement d'une lente maturation idéologique, nationale-romantique, engagée depuis le xixe siècle dans tous les domaines de la création. À l'Institut de technologie d'Helsinki, où Alvar Aalto fait ses études d'architecture de 1916 à 1921, les professeurs prônent le retour aux thèmes populaires, tout en privilégiant la Renaissance italienne. Le fonctionnalisme international qui voit alors le jour en Europe occidentale et centrale pénètre lentement le milieu architectural finlandais, souvent par l'intermédiaire de la Suède, qui demeure à l'avant-garde de la culture scandinave. Profondément attaché à sa terre, Alvar Aalto assimile ces différentes influences, tout en développant une œuvre indépendante, atypique et fonctionnaliste mais située hors des rails tracés par les théoriciens du mouvement moderne.
1. Un architecte scandinave
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