3. La composition par agglutination
« Les parallélépipèdes de cubes de verre et de métal synthétique – le purisme snob et inhumain des grandes villes – illustrent un mode de construction qui a atteint un point de non-retour. Cette voie-là est une impasse. » C'est en ces termes qu'Aalto condamne sans appel, en 1958, la voie où s'est engagée l'architecture européenne, et bientôt internationale, entre le début du xxe siècle et les années trente. Face à l'uniformisation à laquelle aboutit l'emploi de la grille orthogonale, il oppose une composition par agglomération.
Cette méthode de travail, adogmatique, consiste à définir une hiérarchie des besoins et à disposer les volumes qui leur correspondent, hors de tout système préalable, suivant des réactions prioritaires liées à chaque programme. Le résultat, imprévisible, est un plan complexe apparemment incohérent mais jamais anarchique. La juxtaposition de cellules adaptées aux fonctions qu'elles abritent répond à un ordre qui n'est pas synonyme de géométrie.
Examinons le cas du Finlandiatalo d'Helsinki (1962-1975), palais des congrès comprenant une grande salle de mille sept cent cinquante places, une petite salle pour la musique de chambre et un restaurant. Ces différents éléments sont juxtaposés les uns aux autres sans aucune continuité spatiale. Chaque salle de spectacle, chaque escalier, chaque pièce a sa forme propre, régulière ou non, et s'agglutine aux autres cellules. Aucune axialité, aucune réciprocité formelle ne vient créer d'ordonnances ou de symétrie factices. Verticalement, la discontinuité est totale. Chaque niveau semble posséder sa propre indépendance formelle et structurelle. De vastes zones de dégagement, espaces tampons entre ces cellules autonomes, assurent la cohésion de l'ensemble. Le traitement de la lumière et l'enveloppe elle-même renforcent l'harmonie de l'édifice. Déjà maîtrisé à la bibliothèque de Viipuri, le principe des lanterneaux et des puits de lumière est couramment employé par Aalto, à Helsin … ]
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