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ALLERGIE & HYPERSENSIBILITÉ

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Charles Richet

La notion d'allergie a trait au phénomène paradoxal de la nocivité de certaines réactions immunitaires. La paternité de ce concept (apparu en 1906) revient au médecin viennois Clemens von Pirquet. Il cherchait notamment à expliquer par cette « réactivité altérée » (traduction des termes grecs réunis dans le mot allergie) les aléas d'une immuno-thérapie, alors à ses débuts.

À Paris, Émile Roux, disciple de Louis Pasteur, avait réussi, en 1894, à vacciner des chevaux contre le bacille diphtérique, afin de pouvoir extraire de leur sang un sérum antidiphtérique renfermant des substances défensives agissant contre ce microbe chez les sujets qu'il infectait.

Cependant, la fiabilité de cette sérothérapie devait être préalablement évaluée afin d'assurer la réussite du traitement. C'est à Paul Ehrlich qui, à l'Institut d'évaluation des sérums, à Francfort, établit quelques années plus tard les principes permettant de doser l'efficacité de la réaction de défense assurée par des « anticorps » du sérum – spécifiquement protecteur – vis-à-vis des « antigènes » microbiens.

Il devenait donc possible d'éviter les aléas de la sérothérapie. Néanmoins, on constata que tout n'était pas réglé : des accidents (maladie du sérum) restaient imprévisibles. La réactivité des personnes traitées restait donc un élément capital du succès thérapeutique. Or Charles Richet et Paul Portier avaient déjà montré, dès le début du xxe siècle, que la non-réactivité pouvait avoir des effets mortels (phénomène d'anaphylaxie ou « réactivité insuffisante »).

Il était donc indispensable que les recherches en allergologie, c'est-à-dire sur les altérations de la réactivité, fussent associées au développement des vaccins et des sérums qui devait marquer la première moitié du xxe siècle. Elles ont investi notamment toute une panoplie de réactions d'hypersensibilité affectant certains sujets mis en contact de facteurs environnementaux normalement inoffensifs pour la plupart des gens. Pour des raisons assez mystérieuses (on invoque entre a […]

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ALLERGIE ET CHOC ANAPHYLACTIQUE

Écrit par :  Gabriel GACHELIN

Les maladies allergiques sont connues depuis longtemps comme en témoigne l'allergie aux fraises du roi Richard III d'Angleterre rapportée par Shakespeare. L'étude de l'allergie devient expérimentale en 1902 lorsque Charles Richet (1850-1935), Prix Nobel de physiologie ou médecine en 1913, et Paul Portier injectent à un chien de façon répétitive de… Lire la suite
ACARIENS

Écrit par :  Jean-Louis CONNATGabriel GACHELIN

Dans le chapitre " Acariens et maladies"  : …  qui vivent dans la poussière, la literie, etc., et se nourrissent de débris tégumentaires humains. *Ils sont responsables d'une pluralité de phénomènes allergiques de gravité variable, qui sont liés à leurs déjections ou à des composants de leur cuticule. Très fréquentes, ces allergies sont combattues, hors la désensibilisation, par des mesures de… Lire la suite
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Dans le chapitre "Contaminations accidentelles"  : …  entraînent de telles modifications. Il s'agit là d'un sérieux problème de santé publique. D'autre* part, les observations s'accumulent d'accidents allergiques liés à la présence d'antibiotiques dans les aliments d'origine animale. La question n'est pas résolue par le fait de ne pas déceler, à l'analyse, de résidus actifs, car les résidus… Lire la suite
ANESTHÉSIE

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Dans le chapitre "Rôle du médecin anesthésiste"  : …  préanesthésique. Cette consultation permet de choisir les techniques d'intubation adaptées. *Le risque allergique, en partie imprévisible, est cependant augmenté quand le patient présente certains antécédents : la consultation préanesthésique permet au médecin anesthésiste de s'informer de ces antécédents allergiques. Par exemple, l'allergie… Lire la suite
ANTIBIOTIQUES

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Dans le chapitre "Valeur thérapeutique"  : …  les résultats funestes de cette pratique ; les conséquences les plus graves ont été les suivantes : *– réactions d'hypersensibilité chez des personnes qui consommaient de la viande ou du lait contenant des antibiotiques, notamment la pénicilline ; –  apparition de souches microbiennes résistantes aux antibiotiques administrés aux animaux. La… Lire la suite
ASTHME

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Dans le chapitre " Épidémiologie de l'asthme"  : …  familles d'asthmatiques, fournissant à cette maladie un « terrain » favorable ou atopie.* L'atopie est en effet l'aptitude d'un organisme à réagir aux allergènes contenus dans l'air de l'environnement par une production spontanée d'immunoglobulines de type E (IgE). Pour le clinicien, l'atopie se manifeste par la positivité d'au moins un… Lire la suite
ASTHME POLLINIQUE

Écrit par :  Gabriel GACHELIN

… Les grains de pollens émis par de nombreuses plantes et disséminés par le vent, sont assez petits (*les pollens les plus allergéniques ont une taille inférieure à 10 micromètres) pour atteindre l'intérieur du tractus respiratoire et y induire des symptômes asthmatiques. Les composants des grains de pollen directement responsables des signes… Lire la suite
ASTHMES PROFESSIONNELS

Écrit par :  Gabriel GACHELIN

…  des asthmes est celle des asthmes liés plus particulièrement à l'exercice d'une profession. *Appelées asthmes professionnels, ces maladies sont associées, voire dues à l'exposition répétée à des substances allergisantes surtout présentes dans l'environnement professionnel considéré. Il convient de les distinguer d'un asthme antérieur, qui… Lire la suite
CHIMIOSENSIBILITÉ ET ALLERGIE MÉDICAMENTEUSE

Écrit par :  Universalis

… *Une réaction d'hypersensibilité vis-à-vis d'agents thérapeutiques dépend de la production d'anticorps par l'organisme d'un sujet préalablement exposé à certains médicaments ou substances chimiques. D'aucuns (tétracycline, digitale) déclenchent rarement une telle réponse, d'autres (pénicilline) le font plus souvent. Les symptômes sont variables… Lire la suite
DERMATITES ou DERMITES

Écrit par :  Universalis

…  inflammation peut résulter du contact avec un acide fort, un alcali ou certains produits chimiques.* Elle peut aussi être due au contact avec une substance inoffensive (par exemple, un cosmétique, un savon, un textile) qui n'est pas irritant en soi, mais qui peut engendrer une réaction chez une personne qui a été sensibilisée par exposition répétée… Lire la suite
DERMATOLOGIE

Écrit par :  Robert DEGOS

Dans le chapitre "Facteurs chimiques"  : …  eczéma) ou bulleuses, dont le siège et la configuration sont des éléments essentiels du diagnostic. *Lorsqu'il s'agit d'une allergie, celle-ci est du type « retardé », mise en évidence par les tests épicutanés. Ces manifestations cutanées de cause externe sont devenues extrêmement fréquentes du fait de la multiplication des produits cosmétiques,… Lire la suite
ECZÉMA

Écrit par :  Pierre de GRACIANSKY

… confirmeront son intervention, ce qui permettra de protéger le malade contre la substance nocive. L'*eczéma constitutionnel, dit atopique, débute chez le nourrisson en général à la face ; il se cantonne aux grands plis (coude, genoux) chez l'enfant, où il réalise des placards eczémato-lichéniens, généralement permanents, mais d'où… Lire la suite
ECZÉMATIDES

Écrit par :  Pierre de GRACIANSKY

… *Se présentant sous forme d'éléments érythématosquameux, les eczématides sont d'aspect et de topographie divers : gras, en taches polycycliques bien limitées dans les régions de la séborrhée (eczématide figurée stéatoïde) ; épais et simulant le psoriasis (eczématide psoriasiforme) ; ou plus fins, moins érythémateux, réduits parfois à une… Lire la suite
FOIE

Écrit par :  Jean ANDREJacques CAROLIYves HECHT

Dans le chapitre "Hépatites médicamenteuses"  : …  au mécanisme de ces hépatites médicamenteuses : certaines d'entre elles correspondent à des *réactions immunoallergiques, ce qui explique leur relative rareté et leur caractère imprévisible, c'est-à-dire qu'elles ne sont pas dépistées par les essais pharmacologiques animaux, préalable à toute commercialisation d'un médicament ; d'autres… Lire la suite
GREFFES

Écrit par :  Jean PAUPE

Dans le chapitre "Rôle de l'hypersensibilité cellulaire"  : …  obligatoire des anticorps circulants conduit à penser que le phénomène de rejet est à rapprocher de* l'hypersensibilité retardée à médiation cellulaire au cours de laquelle, précisément, les anticorps circulants n'interviennent pas. Il s'agit d'un conditionnement cellulaire où le rôle principal est assuré par le lymphocyte (cf. allergie etLire la suite
HALPERN BERNARD (1904-1978)

Écrit par :  Panayotis LIACOPOULOS

… Médecin* français, Bernard Halpern a inauguré la thérapeutique rationnelle des maladies allergiques par la découverte du premier antihistaminique utilisable chez l'homme. Né à Tarnos-Rude (Ukraine) dans une famille juive, déporté à l'âge de onze ans avec sa famille en Sibérie, libéré par la révolution de 1917, Halpern part bientôt pour la Pologne,… Lire la suite
HISTAMINE

Écrit par :  Serge BONFILSBernard HALPERN

Dans le chapitre "Applications thérapeutiques"  : …  Les effets remarquables des antagonistes de l'histamine, *dans les réactions d'hypersensibilité expérimentale, autorisaient des tentatives thérapeutiques dans les maladies allergiques, qui relèvent fondamentalement des mêmes processus immunologiques. Les résultats obtenus ont largement confirmé cette thèse. Conformément à leurs propriétés… Lire la suite
IATROGÈNE PATHOLOGIE

Écrit par :  Edith ALBENGRES

… *Ce sont les états pathologiques liés à l'administration d'un médicament quand ce dernier est donné dans la bonne indication, à la bonne posologie, et qu'il a été correctement pris par le malade, c'est-à-dire en dehors de toute erreur thérapeutique. Cela souligne le caractère inévitablement agressif à des degrés divers de la plupart des médicaments… Lire la suite
IMMUNITÉ, biologie

Écrit par :  Joseph ALOUFMichel FOUGEREAUDominique KAISERLIAN-NICOLASJean-Pierre REVILLARD

Dans le chapitre "Historique"  : …  Seconde Guerre mondiale, étudiait avec Karl Landsteiner à l'institut Rockefeller les mécanismes de *l'hypersensibilité induite par application cutanée de substances chimiques simples, comme le chlorure de pycrile, chez le cobaye. Les animaux exposés une première fois à ces substances présentaient lors d'un deuxième contact une réaction allergique… Lire la suite
IMMUNOLOGIE

Écrit par :  Joseph ALOUFPierre GRABAR

Dans le chapitre "La réactivité nocive"  : …  immédiate provoquée par une réinjection du sérum antistreptococcique. Ils l'ont nommée « réaction d'*hypersensibilité » et ont admis qu'elle était due à la présence d'anticorps antisérum. En étudiant des réactions analogues avec la tuberculine, von Pirquet a établi l'épreuve de scarification cutanée comme moyen de diagnostic. En 1906, il a proposé… Lire la suite
MÉDICAMENTS GÉNÉRIQUES

Écrit par :  Chantal GUÉNIOT

Dans le chapitre "Précautions d'emploi"  : …  (E.E.N.), parmi lesquels le lactose, l'huile d'arachide, l'amidon de blé, l'acide benzoïque... *L'allergie est le premier effet redouté. Il peut s'agir, par exemple, d'une intolérance au lactose, contenu dans de nombreuses spécialités, ou de réactions anaphylactiques à l'arachide. Les personnes exposées à de telles réactions connaissent en… Lire la suite
MYCOBACTÉRIES

Écrit par :  Carlo COCITOGabriel GACHELIN Universalis

Dans le chapitre " Actionsur le système immunitaire de l'hôte"  : …  la tuberculine décrite par R. Koch à la fin du siècle dernier, et depuis lors employée pour déceler l'infection tuberculeuse. Les phénomènes d'*hypersensibilité retardée, dont la réaction à la tuberculine est un exemple, mettent en évidence la résistance acquise contre la tuberculose : cette résistance est essentiellement due à l'immunité cellulaire… Lire la suite
ŒIL HUMAIN

Écrit par :  Jean-Antoine BERNARDGuy OFFRET

Dans le chapitre "Maladies de la conjonctive"  : …  précaution. Le résultat en est une photophobie intense qui heureusement ne dure que peu de temps. *La conjonctivite allergique accompagne souvent un coryza spasmodique (« rhume des foins »). L'allergène est rarement facile à trouver : pneumallergène, pollen... ; parfois également, il s'agit d'une allergie médicamenteuse qui peut être violente. La… Lire la suite
PALYNOLOGIE

Écrit par :  Armand PONS

Dans le chapitre "L'aéropalynologie et ses applications"  : …  Certains types de pollens et de spores peuvent être pour l'homme la cause directe de *troubles allergiques plus ou moins graves (coryza spasmodique ou « rhume des foins », trachéite spasmodique et asthme bronchique), qui constituent la pollinose. L'identification précise du végétal producteur des grains allergènes (Graminées surtout,… Lire la suite
PRURIT

Écrit par :  Pierre de GRACIANSKY

… *C'est un symptôme désagréable qui amène le patient à gratter les zones affectées, d'où des excoriations, porte d'entrée d'infections, et, chez certains sujets, des lichénifications et des dyschromies. Le prurit accompagne ou même précède d'innombrables dermatoses. Il peut être dû à un facteur externe tel qu'une parasitose (insectes divers : puces… Lire la suite
RESPIRATOIRE (APPAREIL) - Pathologie

Écrit par :  Raoul KOURILSKY

Dans le chapitre "Effets spécifiques"  : …  visible qu'après vingt-quatre à quarante-huit heures, lorsque la réaction est faite sur la peau. *Les antigènes auxquels l'organisme est devenu hypersensible sont contenus dans la tuberculine, extraite pour la première fois des bacilles par Robert Koch en 1890. L'hypersensibilité retardée est un puissant agent modificateur des réactions… Lire la suite
RHUME DES FOINS

Écrit par :  Universalis

… *Aussi appelé coryza spasmodique, le rhume des foins est une rhinite allergique, c'est-à-dire une pathologie d'hypersécrétion et congestion nasale saisonnièrement récurrente, accompagnée de larmoiement et d'irritation conjonctivale déclenchés par le pollen de certaines plantes (troène, graminées, par exemple) chez lesquelles la fécondation croisée… Lire la suite
SANTÉ - Santé et maladies

Écrit par :  Jean-Yves NAUHenri PÉQUIGNOT

Dans le chapitre "Causes internes"  : …  néfaste sur lui-même. Toutefois, si l'immunité peut s'acquérir, l'indifférence peut se perdre. *Avec le temps, on se sensibilise à certaines substances, ce qui définit un type nouveau de causes externes : les maladies par sensibilisation ou maladies allergiques, expressions presque synonymes. Allergie veut dire étymologiquement : « réaction… Lire la suite
SÉROTONINE

Écrit par :  Michel HAMON

Dans le chapitre "Activité biologique"  : …  injection de 5-HT, alors qu'elle est retardée par un traitement à la réserpine. Les réactions* allergiques. Administrée en aérosol (0,5 à 1 p. 100), la 5-HT est capable de provoquer chez le cobaye un bronchospasme semblable à celui qui intervient dans le choc anaphylactique. Il s'agit là d'un effet direct de l'amine au niveau du muscle… Lire la suite
TATOUAGE

Écrit par :  Catherine GROGNARDDominique PAQUET

Dans le chapitre "Techniques de détatouage"  : …  Parmi les effets indésirables du tatouage figurent en bonne place *les réactions allergiques dues aux sels métalliques utilisés pour confectionner les couleurs. Ces réactions, de plus en plus rares grâce à l'emploi de substances non réactogènes, restent difficilement prévisibles. La couleur rouge, obtenue à partir du cinabre ou sulfure de mercure,… Lire la suite
URTICAIRES

Écrit par :  Universalis

… L'*urticaire est une réaction d'hypersensibilité cutanée caractérisée par la survenue soudaine de papules et plaques, formant de légères élevures de la peau dont le sommet est plan. Provoquant des démangeaisons et des sensations de brûlure, elles sont habituellement rouges ou plus pâles que la peau les entourant. Dans la forme aiguë, les lésions… Lire la suite
VENINS

Écrit par :  Jean-Philippe CHIPPAUXMax GOYFFON

Dans le chapitre "Les enzymes "  : …  petites protéines des venins (mellitine du venin d'abeille, mastoparans des venins de guêpes). *Toutefois, les PLA2 de venins d'hyménoptères sont avant tout de puissants allergènes qui constituent, en pratique, le risque majeur de ces venins pour l'homme. D'autres familles d'enzymes sont présentes dans les venins, surtout dans les venins oraux… Lire la suite

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Hypersensibilité allergique Charles Richet

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