Survenue avec une rapidité déconcertante, l'unité du 3 octobre 1990 a profondément transformé l'Allemagne tant sur les plans politique, économique et social que dans ses rapports avec les autres pays. Ces mutations s'inscrivent dans un contexte mondial lui-même en plein changement. Forte de sa situation géographique et de son rang de première puissance démographique et économique au cœur de l'Europe, l'Allemagne a, de son côté, servi de modèle et donné des impulsions aux réformes en cours dans les pays d'Europe centrale et orientale. Des interactions complexes entre les deux parties de l'Allemagne et celles de l'Europe ont ainsi déterminé la nouvelle unité allemande et les évolutions ultérieures.
Ne possédant pas de légitimité démocratique ou nationale, le régime communiste de la République démocratique allemande (R.D.A., 1949-1990) justifiait son existence par l'idéologie. L'effondrement de cette dernière a entraîné la chute irrémédiable des gérontes au pouvoir à Berlin-Est, incapables de proposer une nouvelle voie. Les fuites massives des Allemands de l'Est vers l'Ouest, les manifestations impressionnantes mais pacifiques en faveur des réformes, l'ouverture du Mur de Berlin et du rideau de fer le 9 novembre 1989, tout comme les premières élections libres en R.D.A. le 18 mars 1990 ont précipité le processus de l'unité, scellée par des traités non seulement entre les deux Allemagnes mais aussi entre celles-ci et les quatre puissances victorieuses de 1945. Les différences et les disparités qui s'étaient créées entre les deux Allemagnes ne pouvaient disparaître comme par magie ; elles continuent à compliquer les rapports entre les deux parties du pays et à rendre toujours présent le souvenir des années de la division.
L'évolution des partis, le rôle de leurs dirigeants et les résultats électoraux ont déterminé le choix des équipes gouvernementales. Outre la vie politique, l'étude des réalités économiques et sociales et des nouvelles responsabilités assumées en Europe et dans le monde permet de mesurer l […]
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